Au Bénin, la filière des poissons locaux connaît une dynamique nouvelle. Longtemps portée par la pêche continentale, qui assure encore près de 75 % de l’approvisionnement national, elle s’ouvre désormais à une aquaculture innovante et prometteuse. Entre traditions, défis et solutions locales émergentes, le secteur se réinvente progressivement.
Une tradition halieutique solide
La pêche continentale demeure le pilier de la production nationale, avec plus de 30 000 tonnes par an issues des lacs, rivières, fleuves et lagunes, principalement dans le sud du pays.
Les pêcheurs y capturent surtout du tilapia, du Chrysichthys et du Clarias, espèces très prisées sur les marchés locaux. Cette activité traditionnelle, profondément ancrée dans les communautés riveraines, continue d’assurer l’essentiel de l’offre en poissons frais.
Aquaculture : un essor porté par l’innovation
Face à la pression sur les ressources naturelles et à une demande croissante, l’aquaculture gagne du terrain. La production, en augmentation constante, s'appuie désormais sur des initiatives locales ambitieuses, notamment la fabrication d’aliments pour poissons à base de larves de mouches soldats noires.
Cette innovation réduit significativement la dépendance aux intrants importés et améliore la rentabilité des exploitations. Les élevages se concentrent principalement sur le tilapia du Nil et le poisson-chat africain, deux espèces adaptées aux conditions locales.
Un secteur confronté à de nombreux défis
Malgré son potentiel, la filière doit surmonter plusieurs obstacles :
Accès à l’énergie : l'irrégularité de l’électricité oblige de nombreux producteurs à recourir à des groupes électrogènes onéreux.
Insuffisance d’infrastructures : le pays manque de centres performants de production d’alevins et d’équipements de transformation.
Qualité et conservation : la dégradation rapide de la fraîcheur du poisson demeure un problème majeur, notamment après la capture.
Des perspectives encourageantes
Conscient des enjeux économiques et alimentaires, le gouvernement mise sur une modernisation de la filière. L’objectif : rendre la production locale plus compétitive face aux importations, renforcer la sécurité alimentaire et promouvoir des alternatives durables fondées sur des savoir-faire béninois.
Avec l’arrivée progressive de technologies innovantes, l’implication des acteurs locaux et l’engagement de l’État, la production de poissons au Bénin s’oriente vers un avenir plus structuré et plus résilient.
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