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Santé publique en péril - Boissons sucrées et alcool

Des poisons ordinaires aux effets dévastateurs

Des poisons ordinaires aux effets dévastateurs

La menace ne fait pas de bruit, mais elle progresse à grande vitesse. À l’échelle mondiale, la consommation excessive de boissons sucrées et d’alcool constitue aujourd’hui l’un des principaux facteurs de détérioration de la santé publique. Face à cette situation alarmante, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) tire la sonnette d’alarme et appelle les gouvernements à agir fermement par des mesures fiscales dissuasives.

Selon l’OMS, ces produits restent anormalement accessibles et bon marché, favorisant une consommation massive aux conséquences sanitaires graves. Obésité, diabète, cancers, maladies cardiovasculaires, troubles mentaux et blessures évitables figurent parmi les pathologies directement liées à leur usage régulier.

Des impacts sanitaires lourds et durables

Les boissons sucrées, largement consommées au quotidien, exposent les populations à une augmentation significative des risques d’obésité et de diabète de type 2. Elles contribuent également aux maladies cardiaques, aux caries dentaires, à la fragilisation osseuse et à d’autres affections chroniques qui pèsent durablement sur les systèmes de santé.

L’alcool, de son côté, demeure un facteur aggravant de nombreux problèmes de santé. Il est associé à des troubles psychiques, à des complications pendant la grossesse, à des maladies transmissibles et non transmissibles, ainsi qu’à une recrudescence des accidents et des violences. Son impact dépasse le cadre individuel pour affecter la cohésion sociale et la productivité économique.

La fiscalité, un levier éprouvé de prévention

Pour enrayer cette spirale, l’OMS préconise un renforcement des politiques fiscales sur les produits nocifs pour la santé. À ce jour, au moins 116 pays ont instauré des taxes sur les boissons sucrées. Toutefois, de nombreux produits fortement sucrés échappent encore à ces dispositifs, limitant leur efficacité.

L’organisation internationale invite donc les États à revoir et à élargir ces mesures, en intégrant de manière cohérente le tabac, l’alcool et les boissons sucrées dans une stratégie globale de réduction des maladies évitables et de la mortalité prématurée.

Le modèle britannique : une expérience concluante

L’exemple du Royaume-Uni illustre l’efficacité de telles politiques. Mise en place en 2018, la taxe sur le sucre a permis de réduire sensiblement la teneur en sucre de nombreuses boissons, d’encourager les industriels à reformuler leurs produits et de diminuer la consommation globale.

En 2024, cette mesure a généré près de 338 millions de livres sterling de recettes, tout en contribuant à une baisse notable de l’obésité chez les jeunes filles, notamment dans les milieux les plus défavorisés. Une preuve tangible qu’une fiscalité bien pensée peut à la fois sauver des vies et renforcer les finances publiques.

Et le Bénin dans tout cela ?

Alors que les maladies non transmissibles gagnent du terrain au Bénin, la question mérite d’être posée avec insistance : combien de temps encore faudra-t-il attendre avant d’adopter des mesures fortes contre l’alcool et les boissons sucrées ? La protection de la santé des populations, en particulier des jeunes générations, exige des décisions courageuses et responsables.

Agir aujourd’hui, c’est prévenir les crises sanitaires de demain.

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