Au Bénin, le nombre de pères qui assument seuls l’éducation de leurs enfants est en constante augmentation. Derrière ce phénomène, influencé par des réalités socio-économiques et des transformations sociales, se cachent des défis majeurs touchant au bien-être, à l’éducation et à l’avenir de ces enfants.
Traditionnellement, la paternité au Bénin était davantage associée au rôle d’autorité qu’à celui de soignant. Mais les lignes bougent. Des clubs de pères et certaines ONG encouragent désormais les hommes à s’investir activement dans la vie quotidienne de leurs enfants. La lutte contre la malnutrition infantile illustre cette dynamique : des pères prennent l’initiative de s’organiser pour veiller à la santé et à l’alimentation des plus jeunes.
Cependant, la monoparentalité paternelle reste marquée par de nombreuses difficultés. Les enfants vivant avec un seul parent, père ou mère, sont plus vulnérables face à la pauvreté et aux obstacles sociaux. Si les foyers dirigés par des pères présentent généralement une meilleure situation économique que ceux tenus par des mères seules, ils demeurent moins favorisés que les ménages biparentaux, surtout en matière de réussite scolaire et d’équilibre affectif.
Le cadre légal, notamment la loi N°2015-08 portant code de l’enfant, rappelle que la responsabilité d’élever et de protéger l’enfant incombe à tout parent ou tuteur légal. Le texte insiste sur le maintien de l’enfant dans son environnement familial, dans la mesure du possible. Mais dans la pratique, les pesanteurs culturelles et les limites des ressources freinent souvent la mise en œuvre de ces principes.
Face à cela, des organisations comme SOS Villages d’Enfants Bénin renforcent l’accompagnement des familles monoparentales en facilitant l’accès à des services essentiels et en développant les compétences parentales des pères. Ces initiatives contribuent à briser les stéréotypes et à réaffirmer que l’éducation et la protection des enfants ne sont pas qu’une affaire de mères.
La montée des pères monoparentaux au Bénin traduit ainsi une évolution des mentalités, mais aussi l’urgence d’un soutien accru. Car derrière chaque père seul, il y a des enfants dont l’avenir dépend directement de la capacité de la société à repenser l’équilibre entre tradition, responsabilité parentale et protection de l’enfance.
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