Alors que les 1er et 2 novembre sont des journées de recueillement et de prière pour honorer les défunts, certains individus transforment les cimetières chrétiens en scènes de vacarme. Entre percussions, commerce et désordre, la décence semble avoir déserté ces lieux de mémoire.
Les cimetières devraient être des espaces de silence, de respect et de méditation. Pourtant, à Porto-Novo, Ouidah, Cotonou et dans bien d’autres villes du Bénin, la célébration de la Toussaint et de la Fête des Morts prend depuis quelques années des allures de kermesse.
Des joueurs de gan-gan (tambours parlants), instrument traditionnel de communication et de réjouissance, s’y invitent bruyamment, en totale contradiction avec le caractère sacré du lieu. Leurs percussions résonnent au milieu des tombes, perturbant la quiétude des visiteurs venus se recueillir.
Le phénomène s’accompagne d’un désordre généralisé : vendeurs ambulants de bougies et de fleurs, démarcheurs improvisés proposant des services de nettoyage de tombes, curieux sans raison valable. L’accès aux cimetières, pourtant soumis à des règles strictes de décence, est laissé libre à tout vent, sans encadrement ni présence sécuritaire.
Cette situation choque plus d’un fidèle. En Afrique, dit-on, « les morts ne sont pas morts ». Dès lors, venir troubler leur repos par des sons festifs relève d’une grave impolitesse spirituelle et d’un manque criant de bon sens.
Les fêtes des morts, bien que marquées par un aspect communautaire et parfois joyeux, demeurent avant tout des moments de souvenir et de prière. Elles appellent au recueillement, non au tintamarre. Les tambours, symboles de réjouissance, n’ont pas leur place dans ces instants de méditation.
Il est urgent que les autorités locales mettent fin à cette dérive en réglementant strictement l’accès aux cimetières durant ces journées. Des mesures fermes et des sanctions exemplaires doivent dissuader ces comportements inappropriés qui banalisent la mémoire des disparus.
Respecter le silence des morts, c’est honorer leur vie. Et c’est aussi faire preuve de bon sens, de foi et de décence.
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