À l’orée de la 52ᵉ semaine de l’année, Christhelle HOUNDONOUGBO pose un acte fort. À travers une chronique d’une rare densité intellectuelle, elle clôture un cycle de cinquante-deux réflexions hebdomadaires consacrées à la pensée critique, à la lucidité et à la responsabilité humaine.
Un parcours intellectuel exigeant, marqué par une conviction centrale : penser est un acte de courage, et refuser l’ignorance est une forme de résistance.
Dans sa dernière tribune de l’année, l’intellectuelle met en lumière une réalité souvent banalisée mais profondément destructrice : l’ignorance. Loin d’être une simple absence de savoir, elle la décrit comme une obscurité active, un renoncement progressif à l’apprentissage, à l’écoute et à la compréhension. Une posture qui, selon elle, ne relève pas du hasard mais d’un choix, celui de la facilité contre l’effort, du préjugé contre la connaissance, de la certitude arrogante contre la vérité exigeante.
Pour Christhelle HOUNDONOUGBO, l’ignorance est d’abord une prison mentale. Elle enferme l’individu dans un cercle vicieux où croire remplace savoir, où parler supplante penser, et où répéter devient un substitut à comprendre. Elle étouffe la curiosité, freine l’élévation intérieure et donne l’illusion du mouvement là où règne la stagnation. Or, rappelle-t-elle avec force, sans le doute, il n’existe ni progrès ni sagesse.
Mais la portée de son analyse dépasse l’individu. L’ignorance, souligne-t-elle, est contagieuse. Elle fracture les familles, divise les communautés et ralentit le développement des nations. Elle alimente les malentendus, érige des murs là où des ponts étaient possibles et transforme les différences en conflits durables. Bien souvent, insiste-t-elle, les drames humains naissent non de la haine, mais de l’ignorance du vécu de l’autre : son histoire, ses aspirations, ses douleurs silencieuses.
S’appuyant sur des références majeures de la pensée universelle, Christhelle HOUNDONOUGBO convoque Socrate, Kant et Paulo Freire pour étayer son propos. De la reconnaissance de notre ignorance comme point de départ de la sagesse, à la dénonciation de la paresse intellectuelle, jusqu’à l’ignorance instrumentalisée comme outil d’oppression, une même leçon se dégage : l’ignorance n’est pas une fatalité, mais un renoncement.
En cette fin d’année, sa 52ᵉ chronique prend des allures d’interpellation collective. Sortir de l’ignorance, affirme-t-elle, ne consiste pas à accumuler des diplômes ou des discours, mais à cultiver l’humilité intellectuelle. C’est accepter de ne pas tout savoir, écouter avant de juger, comprendre avant de condamner et apprendre avant de parler. C’est préférer l’effort de la pensée au confort des certitudes faciles.
À travers cette réflexion profonde et engagée, Christhelle HOUNDONOUGBO s’impose comme une voix éclairante, appelant à un véritable passage de conscience. Car là où la connaissance progresse, rappelle-t-elle, la violence recule. Là où l’esprit s’ouvre, la peur s’efface. Et là où la vérité circule, l’humanité se relève.
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