Alors que plusieurs espaces publics de la capitale bénéficient de réhabilitation grâce à la dynamique impulsée par le gouvernement, la place Attakê, jadis haut lieu de convivialité, sombre dans l’oubli et l’insalubrité.
À Porto-Novo, certaines places emblématiques retrouvent vie sous l’effet d’un vaste programme de rénovation urbaine. Mais au carrefour Attakê, le décor est tout autre : la place éponyme, longtemps symbole d’animation et de rencontres populaires, s’enfonce dans un état de délabrement avancé.
Bancs en ciment fissurés, murs défraîchis, absence d’entretien… L’espace qui accueillait autrefois des visiteurs et des manifestations culturelles est aujourd’hui réduit au silence. L’ambiance y rappelle davantage un lieu abandonné qu’un centre de vie au cœur d’un quartier cosmopolite.
Pourtant, la place Attakê est chargée d’histoire et reste ancrée dans la mémoire collective. « Jadis, les jeunes s’y retrouvaient pour s’amuser et partager des moments de joie », se souviennent certains habitants. Mais désormais, ce vestige ne suscite plus qu’indifférence et nostalgie. Le cas de la place Attakê n’est pas isolé. À Porto-Novo, d’autres espaces publics connaissent le même sort : la place Catchi, avec son aménagement incompris, ou encore la place Dangbéklounon – surnommée « les trois canards » – qui a perdu tout son éclat d’antan.
À l’inverse, des sites comme la place Bayol ont pu bénéficier d’une réhabilitation qui redonne espoir. La capitale se transforme, mais ce renouveau urbain reste incomplet tant que certaines places de référence demeurent à l’écart des priorités.
La question est posée : pourquoi ne pas inscrire l’ensemble de ces lieux emblématiques dans un plan global de réhabilitation ? Redonner vie aux places publiques, c’est aussi préserver l’identité de Porto-Novo et renforcer son attractivité.
À l’heure où les places vodùn sont revitalisées grâce aux efforts du centre culturel Ouadada, un regard attentif s’impose sur d’autres espaces publics, symboles de la Cité des Ainonvis. La municipalité est ainsi interpellée : la renaissance de Porto-Novo ne saurait être partielle, elle doit être intégrale.
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