À Porto-Novo et dans ses communes voisines, un mets traditionnel continue de raviver les papilles et de préserver l’héritage gastronomique du Sud-Bénin : le kpètè. Préparée avec une maîtrise ancestrale, cette sauce épaisse, riche en arômes et en histoire, demeure un symbole fort de convivialité et d’identité culturelle.
Une sauce profondément enracinée dans la tradition
Originaire de Porto-Novo, le kpètè est confectionné à base de sang de mouton ou de porc et de farine de maïs. Selon l’ingrédient principal, on distingue :
- Gbo kpètè → à base de sang de mouton
- Han kpètè → à base de sang de porc
Si ce mets est fortement associé à la capitale, il a aujourd’hui conquis toutes les régions du pays grâce à son goût unique et son caractère nourrissant.
Un rituel culinaire savoureux
Le kpètè se déguste le plus souvent avec : Akassa, Piron ou encore wǒ, wokoli et télibo wǒ
La préparation est un véritable art. Selon Houssou Timanti, réputé pour son savoir-faire dans la ville aux trois noms, les ingrédients réunis permettent d’obtenir une sauce à la fois corsée et onctueuse : Eau, viande de mouton ou de porc, sang frais, farine de maïs, oignon, épices moulues (poivre, ail, gingembre, laurier, piments), crevettes fumées, lanhouin et bouillon…
« Il faut d’abord assaisonner la viande bien lavée, la cuire avec le lanhouin et les crevettes fumées pour obtenir une base savoureuse. Ensuite, on mélange le sang et la farine de maïs avant de les incorporer délicatement dans la sauce chaude. Un peu de piment vert pour relever le tout… et le kpètè est prêt ! », confie le spécialiste.
La sauce prend alors une teinte brun-marron, une consistance lourde et un parfum irrésistible.
Un mets populaire et identitaire
À Porto-Novo, Adjarra, Missérété ou encore Akpro-Missérété, le kpètè est un incontournable des rendez-vous familiaux, cérémonies et sorties nocturnes. Des gourmets venant de Cotonou, Pobè ou Ouidah font même le déplacement pour savourer cette spécialité locale.
Une variante pour tous les goûts
Pour ceux qui ne consomment pas de sang, les cuisiniers proposent une version alternative :
« On peut remplacer le sang par de la tomate concentrée. La texture et le goût changent, mais cela reste une alternative appréciée », explique encore Houssou Timanti.
Le kpètè n’est pas qu’un plat. C’est une mémoire, un partage, un symbole du patrimoine culinaire béninois. Une bouchée suffit pour comprendre pourquoi cette sauce continue d’enflammer les tables et les cœurs, génération après génération.
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