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Consommation du « Adokoungbinou » au Bénin

Croupion de dinde : une viande interdite depuis 2017 mais longtemps présente dans les marchés

Croupion de dinde : une viande interdite depuis 2017 mais longtemps présente dans les marchés

Bien qu’interdits d’entrée au Bénin depuis l’Arrêté interministériel n°024/MICA/MAEP/MEF/MS/DC/SGM/DGC/011SGG17/SA du 24 avril 2017, les croupions de dindon connus sous le nom d’« Adokoungbinou » en fon ont pendant longtemps continué d’inonder les marchés béninois. Très appréciée pour son goût, cette viande à la provenance incertaine avait conquis une grande partie de la population.

Une interdiction dictée par des doutes sanitaires

L’interdiction de cette denrée est née de multiples inquiétudes. Des rumeurs persistantes faisaient état d’une viande fabriquée à partir de déchets ou provenant d’un animal autre que la dinde. Des cas de maux de ventre signalés après consommation ont accentué la méfiance.

Si la viande de dindon ne présente, en principe, aucun danger lorsqu’elle est manipulée et cuite dans des conditions hygiéniques strictes, l’origine des cargaisons qui arrivaient au Bénin n’a jamais été clairement établie. Cette opacité a poussé l’État à prendre des mesures fermes pour protéger la santé des consommateurs.

Une résistance sur les marchés malgré l'interdiction

Au lendemain de l’arrêté, le produit continuait pourtant à circuler au vu et au su de tous. Des marchés d’Adjarra à Dantokpa en passant par Ouando, ainsi que dans de nombreux coins de rue, les croupions se vendaient toujours librement. Le laxisme observé dans l’application de la loi a favorisé cette situation pendant plusieurs mois.

Les conditions de vente ajoutaient au risque sanitaire : exposée à la poussière, aux gaz d’échappement ou recouverte de toiles plastiques non adaptées, la viande était parfois vendue dans un état qui ne respectait aucune norme d’hygiène.

Un contrôle renforcé aux frontières

Face à la persistance du phénomène, les services de contrôle ont intensifié leur action. Les autorités ont resserré les dispositifs aux frontières et mené des campagnes de sensibilisation contre la consommation de produits alimentaires de provenance douteuse.

Ces efforts ont progressivement porté leurs fruits. Désormais, les points de vente se sont raréfiés et la commercialisation de cette viande est devenue marginale, bien que quelques traces subsistent çà et là, où elle est parfois mieux conservée qu’auparavant.

Une page sanitaire presque tournée

Le « Adokoungbinou » aura marqué les habitudes alimentaires de nombreux Béninois, souvent consommé avec du eba ou accompagné de sauces locales. Mais la santé publique a prévalu. Le gouvernement invite toujours la population à maintenir la vigilance face aux produits dont l’origine demeure inconnue.

Une mesure salutaire qui vise à garantir une alimentation saine et sécurisée pour tous.

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