L’élevage bovin, longtemps marginalisé, s’impose aujourd’hui comme un moteur de croissance agricole. Entre défis fonciers, transition vers la sédentarisation et modernisation des pratiques, les éleveurs béninois redessinent le paysage rural.
Au Bénin, l’élevage bovin occupe une place stratégique dans l’économie agricole. Il représente près d’un tiers du produit intérieur brut agricole dans les zones sahéliennes et contribue pour environ 40 % à la production nationale de viande, sans oublier la filière laitière dont la demande est en constante hausse.
Une croissance soutenue du cheptel En l’espace d’un an, le cheptel bovin est passé de 2 313 666 têtes en 2022 à 2 528 241 en 2023, soit une augmentation de 9,3 %. Cette progression témoigne du dynamisme de la filière et de l’implication croissante des agropasteurs, qui représentent 75 % de la production nationale.
De la transhumance à la sédentarisation
Traditionnellement, l’élevage reposait sur la transhumance, avec des déplacements saisonniers à la recherche de pâturages. Mais la raréfaction des terres, les conflits fonciers et la dégradation des paysages poussent désormais les éleveurs vers la sédentarisation et des systèmes plus intensifs. Cette mutation favorise l’intégration agriculture-élevage : les paysans investissent dans le bétail pour l’attelage et la fumure, pendant que les éleveurs diversifient leurs activités agricoles.
Entre tradition et modernité
Les éleveurs misent sur l’amélioration des races locales comme la Borgou, plus adaptée aux conditions climatiques et sanitaires, tout en expérimentant l’introduction de races à haut rendement. Malgré les échecs passés liés aux importations, une nouvelle dynamique s’installe, portée par la recherche et l’accompagnement public.
Des enjeux sociaux et économiques
L’accès à la terre demeure la principale source de tensions entre agriculteurs et éleveurs. Mais les efforts de gestion des conflits et de modernisation entrepris ces dernières années favorisent un climat plus apaisé. En conciliant élevage et agriculture, le Bénin se dote d’un atout supplémentaire pour renforcer sa sécurité alimentaire et son développement rural.
En somme, l’élevage bovin n’est plus seulement une activité de subsistance. Il devient un véritable levier économique et social, au cœur des ambitions du Bénin agricole.
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