Le verdict des urnes est tombé, net et sans ambiguïté. À l’issue du scrutin, les électeurs béninois ont fait preuve d’une maturité politique saluée par de nombreux observateurs. Loin des passions excessives et des discours tapageurs, ils ont privilégié le vote utile, ramenant chaque formation politique à sa juste dimension. Ce choix collectif marque un tournant : celui du retour à la raison et à l’exigence de crédibilité dans l’offre politique.
Un électorat plus exigeant, moins sensible aux slogans
En balayant les postures victimaires, les outrances verbales et les promesses sans fondement, le corps électoral a clairement signifié son refus de l’improvisation. Le temps des slogans creux et des emballements émotionnels semble désormais révolu. Les Béninois ont rappelé, par leur vote, qu’une opposition ne se résume pas à la contestation permanente, mais suppose une vision, une méthode et une capacité à gouverner.
Le décrochage de Les Démocrates : une sanction politique
Le recul enregistré par le parti Les Démocrates (LD) par rapport à 2023 apparaît comme l’un des faits majeurs de ce scrutin. Longtemps porté par une dynamique de colère et de rejet, le parti n’a pas su transformer cette énergie protestataire en projet politique structuré. Son incapacité à incarner une alternative crédible, dotée d’une posture de responsabilité et de gouvernance, a fini par éroder son socle électoral.
Beaucoup d’électeurs ont ainsi compris qu’exprimer une indignation ne suffit pas à diriger un pays, et que l’approximation ne saurait tenir lieu de programme.
Un désaveu national pour les aventuriers politiques
Les urnes ont également infligé un désaveu clair aux acteurs politiques qui se présentaient comme des « sauveurs » ou des justiciers autoproclamés. Ceux qui promettaient une rupture brutale, sans cadre ni perspective réaliste, se retrouvent aujourd’hui marginalisés. Leurs réseaux, leurs soutiens et leurs inspirateurs n’ont pas convaincu une majorité de Béninois, restés sourds à toute logique de fuite en avant.
Les chiffres, implacables, traduisent ce rejet : le pays a choisi la stabilité plutôt que l’aventure.
La fin d’une illusion
Contrairement à certains discours, Les Démocrates n’ont pas été victimes d’un quelconque complot. Leur échec est avant tout politique. Il résulte d’un déficit de contenu, de cohérence et de vision à long terme. L’aventure, née dans la contestation émotionnelle, s’est heurtée à la réalité des exigences démocratiques.
En définitive, la raison a parlé. Et par la voix des urnes, elle a mis un terme à une illusion politique qui n’aura pas su dépasser la colère pour construire l’espoir.
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