L’ex-ministre des Armées, devenue figure critique du régime, a été arrêtée ce mercredi. Elle est poursuivie pour “incitation à la rébellion”.
Lomé a vécu ce mercredi matin une scène inhabituelle : plusieurs véhicules de police ont investi la ruelle menant à la résidence de Margueritte Gnakadé, ancienne ministre des Armées. L’ex-membre du gouvernement, écartée en 2022, a été interpellée puis conduite à la direction centrale de la police judiciaire. Selon une source sécuritaire, elle est poursuivie pour “incitation à la rébellion”.
Première femme à occuper le portefeuille des Armées en 2020, après avoir dirigé la Banque togolaise pour le commerce et l’industrie, Mme Gnakadé s’était imposée comme l’une des personnalités les plus critiques du régime de Faure Gnassingbé. Très active sur les réseaux sociaux, elle multipliait ces derniers mois les vidéos et messages appelant à une alternance politique.
Fin août, elle avait notamment diffusé un appel à une “transition pacifique”, estimant que le chef de l’État, en poste depuis près de deux décennies, avait “échoué” et qu’il serait “une erreur de le maintenir au pouvoir”.
Depuis son départ du gouvernement, Margueritte Gnakadé a rejoint le mouvement citoyen du 6-Juin, qui milite ouvertement pour le départ du président togolais.
Pour l’heure, les autorités n’ont fait aucune déclaration officielle. Mais l’arrestation de cette figure de l’opposition marque une nouvelle étape dans le bras de fer entre le pouvoir et les voix dissidentes.
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