Commune emblématique du septentrion béninois, Bembèrèkè conjugue histoire héroïque, diversité culturelle et dynamisme économique. Terre de résistance, de traditions et d’excellence académique avec son prytanée militaire, elle s’impose aujourd’hui comme un pôle stratégique du Borgou, porté par les investissements du Programme d’Actions du Gouvernement (PAG).
Située à environ 510 kilomètres au nord de Cotonou, la commune de Bembèrèkè occupe une place singulière dans le département du Borgou. Limitrophe de Ndali au sud, de Gogounou au nord, de Nikki et Kalalé à l’est, puis de Sinendé à l’ouest, elle s’étend sur une superficie de 3 348 km². Cette vaste commune regroupe cinq arrondissements — Bembèrèkè, Gamia, Bérobouray, Ina et Bouanri — ainsi que 44 villages et quartiers de ville.
Bembèrèkè est avant tout une cité de mémoire. Son histoire est marquée par la figure légendaire du guerrier Bio Guerra, héros de la résistance bariba, tombé le 17 décembre 1916 face à l’envahisseur. Les sites historiques de Baoura II et de Doumangnonrou demeurent des vestiges majeurs de cette épopée. À ces symboles s’ajoute la forêt sacrée de Wèwèré, réputée pour sa source d’eau intarissable, qui nourrit fascination et spiritualité, renforçant l’attrait touristique de la commune.
Ville cosmopolite, Bembèrèkè est un carrefour humain où cohabitent harmonieusement les Baatombu et les Peulhs, majoritaires, aux côtés des Dendi, Ditamari, Yoruba, Nagos et Fons. Cette diversité se reflète dans une hospitalité reconnue et une gastronomie locale riche. De l’igname pilée « sokuru » au « dibu » ou « kobsa », en passant par le « soru » ou le « kpankpanu » au petit-déjeuner, sans oublier le traditionnel « tchoukoutou », la commune offre une expérience culinaire authentique aux visiteurs.
Sur le plan administratif, Bembèrèkè est dirigée depuis le 28 mai 2020 par le maire Garba Yaya, assisté de dix-neuf conseillers communaux. La vie socioculturelle y est rythmée par des événements majeurs tels que la Gaani et le Festako, véritables marqueurs identitaires. Mais l’un des repères les plus emblématiques de la commune demeure le Prytanée Militaire de Bembèrèkè, institution prestigieuse qui forme depuis des décennies l’élite scolaire masculine du pays et attire les meilleurs apprenants du Bénin et de la sous-région.
L’économie locale repose essentiellement sur l’agriculture. Coton, maïs, sorgho, igname et mil constituent les principales productions des populations, majoritairement musulmanes, mais aussi adeptes des religions endogènes et du christianisme. À côté de l’agriculture, le commerce, la restauration et le tourisme contribuent également à l’économie communale.
Conscient de ce potentiel, le gouvernement béninois a engagé d’importants investissements dans le cadre du PAG. La réalisation de la route Guessou-Sud – Fô Bouré – Sinendé, longue de 58 kilomètres, pour un coût estimé à près de 60 milliards de francs CFA et une durée d’exécution de 36 mois, vise à faciliter l’écoulement des produits agricoles et les échanges commerciaux. Autre réalisation majeure : l’achèvement de la ligne d’interconnexion électrique de 161 kV Parakou–Bembèrèkè–Kandi–Malanville, longue de plus de 500 kilomètres, dotée de postes modernes et numérisés.
La jeunesse n’est pas en reste. Dans la dynamique de promotion du sport impulsée par le président Patrice Talon, Bembèrèkè bénéficie de la construction d’un stade omnisports, l’un des 22 prévus à l’échelle nationale.
Entre héritage historique, excellence éducative, vitalité culturelle et infrastructures modernes, Bembèrèkè s’affirme aujourd’hui comme une commune stratégique du Borgou, tournée vers l’avenir sans renier son passé.
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