Patrimoine, culture et fierté Mahi au rendez-vous
Chaque 15 août, Savalou devient le cœur battant du Bénin. Cette terre de collines, de traditions et de légendes revêt son plus beau pagne pour célébrer l’igname, tubercule sacré qui marque le cycle de vie, de foi et de prospérité du peuple Mahi. À cette occasion, la cité se transforme en un vaste théâtre où se mêlent danse, spiritualité, union familiale et fierté identitaire.
Une beauté façonnée par la nature et la culture
Savalou charme par son relief majestueux, ses vallons verdoyants et l’élégance naturelle de ses filles et femmes. Au rythme du Tchinkounmè ou du Toba Hanyé, les rondeurs et grâces locales donnent vie à une esthétique unique, célébrant l’âme Mahi dans toute sa splendeur.
Ici, la culture est un monument vivant : langue, gastronomie, rythmes, croyances… Chaque geste raconte l’histoire d’un peuple ancien. Les voix philosophiques du roi Alokpon, le son envoûtant du flé (sifflet traditionnel), le bruissement des calebasses dans l’eau, sans oublier les artistes contemporains comme Hermas Gbaguidi, Laudamus Sègbo, Patrice Toton ou encore Bella Agossou… tous participent à entretenir l’héritage.
Terre de leaders et de talents
Savalou n’a pas seulement donné au Bénin des artistes. Elle a également vu naître d’éminentes personnalités : Paul Dossou, ancien ministre des Finances, Dorothé Sossa, ancien Garde des Sceaux, aujourd’hui Président de la Cour Constitutionnelle, Célestine Zanou, ex-Directrice de Cabinet du président Kérékou Désiré Adadja, Rodrigue Tchaou…
Une élite qui perpétue le rayonnement intellectuel et politique de la commune.
La fête de l’igname, un rituel séculaire
Le 15 août marque symboliquement la sortie de la nouvelle récolte d’ignames. Avant cette date, nul ne peut consommer le précieux tubercule. Ce rite de gratitude envers les ancêtres et les divinités agricoles est devenu une célébration nationale, attirant touristes, autorités et diaspora Mahi.
La fête rappelle aussi l’influence historique de Savalou, dont le territoire s’étendait autrefois jusqu’aux portes d’Abomey et d’Agonli, berceau des « Mahi ba so kpo » les Mahi sans collines.
Un riche passé administratif
Centre d’influence à l’époque coloniale, Savalou dirigeait un vaste cercle du Moyen-Dahomey s’étendant sur plus de 16 000 km² et comprenant Savè, Dassa-Zoumè, Ouèssè, Kilibo, Bantè, Manigri, ainsi qu’une large portion de l’actuel Zou Nord et du Nord-Bénin. Les réformes successives après l’indépendance ont réduit son territoire, lui conférant aujourd’hui son statut de commune.
Une commune stratégique au cœur du Bénin
D’une superficie de 2 674 km², encerclée de collines emblématiques telles que Kpataba, Sègui ou la chaîne de Monkpa, Savalou occupe une position géographique centrale. Elle partage ses frontières avec Dassa-Zoumè et Glazoué à l’Est, Djidja au Sud, Bantè au Nord et le Togo à l’Ouest sur 65 km.
Elle compte 14 arrondissements, dont quatre urbains (Aga, Agbado, Attakè, Ouèssè) et dix ruraux.
Une ville qui se modernise
Sous l’impulsion des programmes gouvernementaux, Savalou a bénéficié :
d’un stade omnisport communal,
d’une importante station d’eau potable (150 m³),
de la réhabilitation de la route Dassa–Savalou–Djougou (260 km), essentielle pour le commerce et la mobilité.
Une gouvernance ancrée dans la proximité
Avec 25 conseillers communaux, 494 élus locaux, 14 chefs d’arrondissement et 70 chefs de villages et quartiers, la commune est administrée par le maire Delidji Houindo depuis juin 2020, engagé dans une dynamique de développement durable.
Un patrimoine vivant, un rendez-vous incontournable
Savalou, terre de luttes historiques contre le Danxomè, terre d’accueil, de tolérance et de foi, continue d’inspirer respect et admiration. La fête de l’igname en est le symbole le plus éclatant : une communion entre mémoire et avenir, entre tradition et modernité.
Chaque 15 août, Savalou raconte son histoire… et le Bénin écoute.
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