De 9,6 à 14,7 millions de tonnes en 2025 : le Port autonome de Cotonou accélère sa transformation et diversifie ses marchés
Le Port autonome de Cotonou (PAC) poursuit sa montée en puissance. Dans un environnement régional marqué par des recompositions commerciales et des perturbations sur certains corridors, la plateforme portuaire béninoise affiche une progression remarquable de son activité. En l’espace d’une année, le trafic global est passé de 9,6 millions de tonnes en 2024 à 14,7 millions de tonnes en 2025, soit une hausse de près de 52 %.
Cette performance traduit une nouvelle dynamique pour le principal outil portuaire du Bénin. Elle témoigne également des efforts engagés pour moderniser les infrastructures, améliorer la fluidité des opérations et diversifier les marchés desservis par le port.
Une croissance qui change la donne
La progression du trafic ne repose pas sur un seul segment. Les exportations ont fortement augmenté, tandis que les activités de transbordement connaissent également une progression importante.
L’arrivée de nouveaux flux, notamment ceux liés à l’exportation du pétrole brut nigérien à travers le terminal de Sèmè-Podji, contribue à renforcer le rôle du Bénin dans la chaîne logistique régionale.
Le transbordement constitue également un autre moteur de cette croissance. En accueillant davantage de marchandises destinées à être redistribuées vers différents marchés, Cotonou renforce progressivement son statut de plateforme logistique dans le golfe de Guinée.
Les importations connaissent elles aussi une évolution favorable, confirmant l’intensification des échanges et l’attractivité retrouvée de la plateforme portuaire béninoise.
De nouveaux corridors pour conquérir de nouveaux marchés
Face aux mutations du commerce régional, le Port de Cotonou mise désormais davantage sur la diversification.
Le Burkina Faso, le Nigeria et d’autres marchés de l’hinterland apparaissent comme des relais importants pour la croissance future du trafic. Cette stratégie permet au Bénin de ne pas dépendre exclusivement d’un seul corridor et d’élargir progressivement son bassin de clientèle.
Cette diversification revêt une importance particulière dans un contexte où les relations commerciales et les itinéraires de transit évoluent rapidement en Afrique de l’Ouest.
Le port entend ainsi renforcer sa connexion avec les économies voisines et proposer aux opérateurs économiques des solutions logistiques compétitives, fiables et adaptées aux nouvelles réalités du commerce régional.
Le pétrole nigérien, un nouveau levier stratégique
L’un des faits marquants de cette nouvelle configuration reste l’exploitation du corridor pétrolier reliant le Niger au terminal de Sèmè-Podji.
Le transport et l’exportation du pétrole brut nigérien constituent désormais une activité majeure pour cette infrastructure. Des volumes importants transitent ainsi par le terminal avant leur acheminement vers les marchés internationaux.
Cette activité vient renforcer la dimension stratégique du dispositif portuaire béninois et illustre la capacité du pays à développer de nouvelles opportunités logistiques au-delà de ses marchés traditionnels.
Près de 500 milliards FCFA d’investissements
Cette montée en puissance est soutenue par d’importants investissements destinés à moderniser et à renforcer les capacités du Port autonome de Cotonou.
Près de 500 milliards de FCFA sont mobilisés dans cette dynamique de transformation. L’objectif est clair : permettre au port de changer d’échelle, d’accroître ses capacités de traitement et de renforcer sa compétitivité face aux autres grandes plateformes portuaires de la région.
À terme, l’ambition affichée est d’atteindre 25 millions de tonnes de marchandises et de dépasser un million d’EVP, faisant de Cotonou une plateforme encore plus importante dans les échanges maritimes et commerciaux de l’Afrique de l’Ouest.
La modernisation au cœur de la stratégie
La transformation du port ne concerne pas uniquement les infrastructures.
La digitalisation des procédures, l’amélioration de la gestion des flux, la réduction des délais et la fluidification du trafic des camions constituent également des priorités.
L’objectif est de rendre les opérations plus rapides, plus transparentes et plus efficaces, tout en améliorant l’expérience des opérateurs économiques.
Cette modernisation doit permettre au Port de Cotonou de répondre à l’augmentation progressive des volumes et aux exigences croissantes des acteurs du commerce international.
Cotonou veut durablement renforcer son influence régionale
Avec l’augmentation du trafic, la diversification des corridors, les nouveaux flux pétroliers et les investissements engagés, le Port autonome de Cotonou connaît une transformation profonde.
Le défi est désormais de consolider cette dynamique dans la durée.
Pour le Bénin, il ne s’agit plus seulement d’accroître les volumes de marchandises traitées. Il faut également réussir à fidéliser les opérateurs économiques, sécuriser les corridors, améliorer la compétitivité logistique et faire de Cotonou une véritable porte d’entrée et de sortie pour plusieurs économies de la sous-région.
Le passage de 9,6 à 14,7 millions de tonnes en une seule année constitue déjà un signal fort de cette évolution.
Le Port de Cotonou change d’échelle. De nouvelles infrastructures aux nouveaux corridors, en passant par la digitalisation et la diversification des marchés, le Bénin entend consolider la place de son port dans la compétition logistique régionale.
La bataille des corridors ouest-africains ne fait que commencer, et Cotonou entend bien y jouer un rôle central.
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