Célébrée chaque 24 novembre depuis 2014, la Journée internationale de la Bible rappelle le rôle essentiel des Écritures dans la foi chrétienne. Au-delà d’un livre, la Parole de Dieu porte un message de justice et de libération qui continue d’inspirer l’engagement contre toute forme d’oppression.
Peu connue du grand public, la Journée internationale de la Bible a été instituée en 2014 à l’initiative de l’Association de la Bible. Son objectif : encourager la découverte de la Parole de Dieu, sa lecture et surtout son partage. La date du 24 novembre vient ainsi s’ajouter à d’autres célébrations qui valorisent les Écritures, notamment la Journée mondiale de la traduction, marquée le jour de la Saint Jérôme, premier traducteur de la Bible en latin.
Bien plus qu’un simple ouvrage religieux, la Bible demeure le livre le plus lu et le plus vendu au monde, avec près de quatre milliards d’exemplaires écoulés en un demi-siècle. Mais son importance ne se limite pas à sa popularité. Comme le rappelle le frère Marc-Antoine Bêchétoille, « la Bible est la Parole de Dieu, vivante aujourd’hui ». Elle agit comme un instrument de l’Esprit Saint, éclairant chaque époque et révélant les injustices à combattre.
Une Parole au service des opprimés
L’Écriture porte un message constant de libération. Dans l’Ancien Testament, Dieu s’adresse à Moïse pour délivrer le peuple juif de l’esclavage. Les évangiles montrent Jésus prenant parti pour les humiliés, à l’exemple de la femme adultère sauvée de la lapidation. Toujours du côté de ceux qui souffrent, le Christ nous appelle à agir contre les oppressions d’hier et d’aujourd’hui.
Ce combat a inspiré de grandes luttes : abolition de l’esclavage, fin de l’apartheid, défense des droits des femmes… Les croyants ont souvent puisé dans la Parole la force de dénoncer les systèmes qui défigurent l’humanité.
La théologie de la libération : foi et justice
Un tournant important survient en 1968 avec la naissance de la théologie de la libération, initiée par le prêtre péruvien Gustavo Gutiérrez. Ce courant rappelle que la pauvreté et les injustices ne viennent pas de Dieu. « On ne peut pas être chrétien aujourd’hui sans un engagement de libération », affirme-t-il. L’enjeu : bâtir une société plus fraternelle, où chaque vie humaine est respectée.
Pour le frère Marc-Antoine Bêchétoille, cette théologie repose sur « l’option préférentielle pour les pauvres » et la lutte contre toute domination économique ou sociale. Ce message continue d’inspirer de nombreux chrétiens engagés sur le terrain des droits humains.
Des combats toujours actuels
L’Histoire regorge de situations où des chrétiens ont œuvré à reconnaître la dignité des victimes d’injustices. Les figures féminines afro-américaines ayant contribué à la conquête spatiale, longtemps invisibilisées, ont fini par obtenir reconnaissance et honneurs. Plus récemment, le mouvement #MeToo a permis de libérer la parole de victimes d’agressions sexuelles. La Bible éclaire ces luttes modernes, révélant que Dieu se tient du côté du faible et de l’opprimé.
Une parole toujours vivante
À travers les siècles, la Bible nous invite à ne jamais rester indifférents. Elle rappelle que la foi se traduit en actes : défendre, délivrer, relever. La Parole de Dieu demeure un appel pressant à rendre au monde un visage plus juste et plus humain.
En célébrant ce 24 novembre, chrétiens et croyants se souviennent que la Bible n’est pas un livre du passé, mais la voix vivante de Dieu qui pousse chaque génération à se lever pour la liberté.
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