À mesure que s’approche la fin du mandat de António Guterres, prévue pour décembre 2026, les discussions s’intensifient dans les capitales et les couloirs new-yorkais. La succession à la tête de l’Organisation des Nations unies (ONU) suscite déjà un intense ballet diplomatique, mêlant considérations géopolitiques, équilibres régionaux et revendications historiques.
Une rotation géographique très attendue
Depuis plusieurs mois, de nombreux États membres plaident pour une alternance régionale à la tête de l’organisation. Après deux secrétaires généraux européens consécutifs, plusieurs voix s’élèvent pour que le prochain titulaire provienne d’Afrique ou d’Amérique latine et des Caraïbes.
Parallèlement, la question de la représentation féminine prend de l’ampleur. Jamais, depuis la création de l’ONU en 1945, une femme n’a occupé le poste de Secrétaire général. Cette réalité alimente les appels en faveur d’une candidature féminine forte.
Des profils de premier plan
Plusieurs personnalités internationales circulent déjà dans les cercles diplomatiques.
Macky Sall (Sénégal)
Ancien chef d’État sénégalais, il est régulièrement cité parmi les figures africaines crédibles. Son expérience à la tête d’un pays stable d’Afrique de l’Ouest, son implication dans des médiations régionales et son engagement en faveur d’une réforme de la gouvernance mondiale constituent des atouts mis en avant par ses soutiens.
Mia Mottley (Barbade)
L’actuelle Première ministre barbadienne s’est imposée sur la scène internationale par son plaidoyer pour la justice climatique et la réforme du système financier mondial. Porte-voix des petits États insulaires vulnérables face aux dérèglements climatiques, elle bénéficie d’une stature croissante au sein du bloc Amérique latine-Caraïbes.
Michelle Bachelet (Chili)
Ancienne présidente du Chili et ex-Haute-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, elle dispose d’une solide expérience internationale et d’une connaissance approfondie des mécanismes onusiens.
Rebeca Grynspan (Costa Rica)
Actuelle Secrétaire générale de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), elle est reconnue pour son expertise en matière de développement et de coopération économique internationale.
Rafael Grossi (Argentine)
Directeur général de l’Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), il est parfois évoqué pour son expérience dans la gestion des dossiers sensibles liés à la sécurité internationale.
Un processus sous haute tension
La désignation du Secrétaire général obéit à un mécanisme bien établi : le Conseil de sécurité des Nations unies recommande un candidat, qui est ensuite formellement nommé par l’Assemblée générale des Nations unies.
En pratique, les équilibres entre membres permanents du Conseil de sécurité — dotés d’un droit de veto — pèsent lourdement sur l’issue du processus. Les négociations, souvent discrètes, peuvent être influencées par des considérations stratégiques dépassant la seule logique de compétence ou de rotation régionale.
Une bataille diplomatique ouverte
Entre aspiration à une alternance géographique, volonté d’ouvrir la voie à une femme et rivalités géopolitiques, la course à la succession s’annonce particulièrement disputée.
Si une tendance semble se dessiner en faveur d’un candidat non européen, l’histoire des Nations unies montre que les dynamiques internationales peuvent, à tout moment, rebattre les cartes.
À près de deux ans de l’échéance, une certitude s’impose : le prochain Secrétaire général devra incarner à la fois équilibre, autorité morale et capacité de médiation dans un monde marqué par des crises multiples et des tensions croissantes.
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