CARI 2026 – INFORMATIQUE, MATHÉMATIQUES ET INNOVATION
JANVIER YAHOUEDEOU DÉMONTRE COMMENT LES MATHÉMATIQUES FONT PARLER LES MACHINES
À travers une expérience personnelle de programmation en langage C, le ministre de la Décentralisation et de la Gouvernance locale explique le rôle des mathématiques dans la comparaison des textes et les technologies d’intelligence artificielle. Un plaidoyer concret en faveur des sciences et à l’endroit d’une jeunesse parfois sceptique sur leur utilité.
Les mathématiques ne se limitent pas aux équations inscrites au tableau ni aux exercices parfois redoutés par les élèves. Elles se cachent aussi derrière les technologies qui analysent les textes, traitent les données et alimentent les innovations numériques. C’est cette réalité que Janvier YAHOUEDEOU, ministre de la Décentralisation et de la Gouvernance locale, a mise en lumière lors de la 18ᵉ édition de la Conférence africaine sur la recherche en informatique et en mathématiques appliquées (CARI 2026), tenue à Cotonou le 22 octobre 2026.
Loin d’une présentation purement théorique, le ministre a choisi de s’appuyer sur une expérience personnelle de programmation informatique pour illustrer son propos. À travers cet exemple, il a rappelé que les connaissances mathématiques acquises au cours de la formation scolaire et universitaire peuvent devenir des outils indispensables pour résoudre des problèmes concrets.
Une expérience de programmation pour illustrer la force des mathématiques
Dans le cadre de la rédaction de l’un de ses ouvrages techniques, Janvier YAHOUEDEOU a été amené à développer, en langage C, une application destinée à comparer des textes. Une question s’est alors posée : comment permettre à une machine d’analyser deux documents et de mesurer leur degré de ressemblance ?
Pour répondre à cette problématique, il a mobilisé une méthode mathématique fondée sur la similarité cosinus, associée à l’indice TF-IDF, une technique de pondération des mots dans les documents.
Le principe consiste à transformer les textes en représentations numériques, sous forme de vecteurs, afin de comparer leur orientation mathématique. Le calcul de la similarité cosinus permet ensuite d’évaluer leur proximité dans cet espace numérique. La pondération TF-IDF contribue, quant à elle, à distinguer les termes selon leur importance dans un document et leur fréquence dans l’ensemble des textes considérés.
Cette démarche permet d’évaluer la proximité lexicale entre des textes et, avec certaines limites, d’obtenir des indications sur leur proximité sémantique. Elle illustre surtout comment un problème de langage peut être traduit en opérations mathématiques exploitables par un programme informatique.
Un message direct aux jeunes qui doutent des mathématiques
C’est de cette expérience pratique que le ministre tire une conviction qu’il a souhaité partager avec les jeunes. Constatant que certains diplômés remettent en question, notamment sur les réseaux sociaux, l’utilité des mathématiques étudiées au secondaire ou à l’université, Janvier YAHOUEDEOU a tenu à leur adresser une réponse sans détour.
« Je voudrais leur dire qu’ils se trompent », a-t-il déclaré.
Pour le ministre, les grandes innovations contemporaines reposent sur des connaissances scientifiques dont les mathématiques constituent l’un des fondements. L’intelligence artificielle mobilise notamment l’algèbre linéaire, les probabilités, les statistiques, l’optimisation et le calcul différentiel. La navigation GPS utilise des calculs géométriques et des modèles mathématiques, tandis que les télécommunications, l’imagerie médicale et les prévisions météorologiques font également appel à des équations et à des algorithmes.
Autant d’exemples qui démontrent que les notions enseignées dans les établissements scolaires ne sont pas de simples constructions abstraites. Elles contribuent, directement ou indirectement, au développement de technologies utilisées chaque jour.
De la salle de classe aux innovations de demain
À travers son intervention, Janvier YAHOUEDEOU invite à dépasser l’opposition entre les enseignements théoriques et les applications pratiques. Il reconnaît que tous les professionnels n’auront pas nécessairement à utiliser chaque formule ou chaque notion étudiée durant leur parcours. Mais, selon lui, cela ne saurait justifier de considérer ces connaissances comme inutiles.
Le défi consiste désormais à mieux expliquer aux jeunes la portée des mathématiques et à rapprocher davantage leur enseignement des problèmes concrets auxquels les sociétés sont confrontées.
Cette démarche suppose de donner davantage de sens aux apprentissages, en montrant comment les concepts scientifiques peuvent servir à analyser une situation, construire un modèle, développer une application ou concevoir une solution innovante.
Une vision scientifique tournée vers le développement
Le plaidoyer du ministre prend également une dimension particulière au regard de ses responsabilités à la tête du département chargé de la Décentralisation et de la Gouvernance locale. Les outils mathématiques et informatiques ne sont pas seulement utiles aux applications numériques : ils peuvent aussi contribuer, lorsqu’ils sont adaptés aux besoins, à l’analyse des données territoriales, à l’identification des priorités communales et à une meilleure allocation des ressources publiques.
Cette articulation entre connaissances scientifiques et réalités du terrain rejoint l’appel lancé par Janvier YAHOUEDEOU aux chercheurs africains : faire en sorte que leurs travaux ne restent pas confinés aux laboratoires et aux publications, mais puissent également contribuer à la résolution des problèmes quotidiens des populations.
En partageant son expérience de programmation à la CARI 2026, le ministre a ainsi donné une illustration concrète de l’utilité des mathématiques et rappelé l’importance de la culture scientifique dans la préparation des générations futures.
Son message se résume en une conviction forte : apprendre les mathématiques, ce n’est pas seulement maîtriser des formules. C’est aussi acquérir des outils pour comprendre le monde, développer des technologies et préparer des réponses aux défis de demain.
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*ENCADRÉ:*
L’exemple de Janvier YAHOUEDEOU : comment mesurer la ressemblance entre deux textes ?
La similarité cosinus, associée à la pondération TF-IDF, transforme les mots en données numériques afin de comparer des documents.
Dans son expérience de programmation en langage C, le ministre Janvier YAHOUEDEOU s’est appuyé sur cette approche pour mesurer la proximité entre deux textes.
Deux phrases à comparer :
* Texte A : « Les mathématiques développent l’intelligence. »
* Texte B : « L’intelligence utilise les mathématiques. »
Dans l’exemple présenté, le résultat annoncé est de 0,667, soit environ 66,7 %. Il correspond à une similarité cosinus de 0,667 entre les représentations numériques retenues pour les deux phrases.
Comment interpréter ce résultat ?
* Similarité égale à 1 : les deux vecteurs ont exactement la même direction.
* Similarité proche de 1 : les représentations lexicales des textes sont très proches.
* Similarité égale à 0 : les vecteurs sont orthogonaux ; dans une représentation fondée sur des fréquences de mots non négatives, cela signifie qu’ils n’ont aucun terme pondéré en commun.
La valeur obtenue dépend de la manière dont les textes sont transformés en vecteurs, notamment de la pondération TF-IDF utilisée. Le résultat de 0,667 est donc celui de l’exemple présenté et ne constitue pas une valeur universelle pour ces deux phrases, indépendamment de la méthode de calcul.
Ce que démontre cet exemple : la comparaison de textes peut être traduite en un calcul mathématique reposant sur des vecteurs, un produit scalaire et des normes vectorielles. Une illustration concrète de la façon dont les mathématiques permettent de résoudre des problèmes informatiques.
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