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Gastronomie traditionnelle au Bénin

Zankpiti : l’incontournable saveur de Porto-Novo

Zankpiti : l’incontournable saveur de Porto-Novo

Purée de haricot mélangée à la farine de maïs et relevée d’huile de palme, le Zankpiti encore appelé Djongoli est un mets identitaire très apprécié à Porto-Novo. Entre traditions vodoun et valeurs nutritionnelles, ce plat attire chaque jour une foule de gourmands dans certains quartiers de la capitale.

Plat emblématique du patrimoine culinaire béninois, le Zankpiti, connu sous le nom de Djongoli dans d’autres régions du Bénin et au Togo, est particulièrement célébré à Porto-Novo. Sa recette, à base de haricots (blancs ou rouges), de farine de maïs et d’huile rouge, lui confère une couleur orange et un goût savoureux qui le rendent indispensable lors des grandes fêtes et des cérémonies traditionnelles.

Dans la culture vodoun, le Zankpiti s’invite même aux moments cultuels dédiés aux Zangbéto, renforçant ainsi son statut de repas sacré. Simple mais riche, ce mets combine deux aliments hautement nutritifs : le haricot, source de fer, d’azote, de potassium, de phosphore et de calcium, et le maïs, réputé pour sa vitamine A et ses bienfaits sur la réduction du mauvais cholestérol.

À Porto-Novo, une adresse retient particulièrement l’attention : le Zankpiti de chez « Dangbonou » à Tokpota, dans le 5e arrondissement. Là, chaque matin, une foule impressionnante de consommateurs zémidjans, travailleurs et habitués de longue date accourt, bols et glacières en main, pour savourer ce plat dont la recette ancestrale était pourtant en voie de disparition.

Installée non loin de l’ex-Centre de santé Arcade et du bâtiment de la franc-maçonnerie, la célèbre vendeuse a su sublimer cette spécialité avec un savoir-faire unique. Sa version du Zankpiti, parfois réalisée avec du voandzou, se distingue également par l’ajout de fretins durant la cuisson, attisant encore davantage l’appétit des clients. Selon les moyens de chacun, l’assiette peut être agrémentée de poisson, de viande ou d’un œuf dur : une « rallonge » fort appréciée des gourmands.

Chaque jour, entre 9 h et 11 h, le décor est le même : on mange assis ou debout, sans chichi, avec un réel plaisir partagé. Et avant même que midi ne sonne, tout est déjà vendu ; ne restent que les ustensiles encore fumants et les plats à récurer, témoins d’un succès populaire qui ne faiblit pas.

Le Zankpiti, plus qu’un repas, est une expérience culturelle, une gourmandise qui rassemble et fait vivre une tradition culinaire à préserver absolument.

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