Le scrutin législatif du 11 janvier 2026 s’inscrit comme un moment déterminant de la démocratie béninoise. Organisées simultanément avec les élections communales, ces législatives ont permis aux citoyens de désigner les 109 députés appelés à siéger à l’Assemblée nationale. L’ensemble du processus s’est déroulé sous l’empire du Code électoral révisé en 2024, qui encadre de manière stricte les conditions d’accès à la représentation parlementaire.
Au cœur de ce dispositif figure l’instauration d’un seuil électoral exigeant. Pour prétendre à la répartition des sièges dans une circonscription donnée, toute liste doit recueillir au moins 20 % des suffrages valablement exprimés. Cette règle vise à rationaliser le paysage politique et à renforcer la stabilité institutionnelle, en limitant l’émiettement des forces parlementaires.
Les coalitions, une voie légale vers l’inclusion politique
Consciente des contraintes que ce seuil peut représenter pour les formations de taille modeste, la loi électorale prévoit la possibilité de constituer des coalitions parlementaires. Déclarées avant le scrutin, ces alliances permettent aux partis membres de mutualiser leurs voix afin d’atteindre le seuil requis dans les circonscriptions. Toutefois, cette faculté reste encadrée : chaque parti composant la coalition doit avoir obtenu au moins 10 % des suffrages au plan national pour que l’addition des voix soit valable.
Une représentation fondée sur l’ancrage territorial
Contrairement à un système de répartition nationale, l’attribution des sièges s’opère circonscription par circonscription.
Ce choix renforce l’importance de l’implantation locale des partis politiques. Il ne suffit donc pas d’afficher une performance globale satisfaisante ; la conquête des sièges repose avant tout sur la capacité des listes à mobiliser les électeurs dans des espaces géographiquement définis.
La promotion du leadership féminin garantie par la loi
Autre innovation majeure du dispositif électoral : la réservation d’un siège aux femmes dans chaque circonscription électorale. Conformément à l’article 146 du Code électoral, ce siège est attribué à la liste ayant enregistré le plus grand nombre de suffrages parmi les candidatures féminines. Cette mesure traduit la volonté des autorités de renforcer la participation des femmes à la vie politique et d’assurer une meilleure représentativité au sein de l’Assemblée nationale.
À travers ces mécanismes, le scrutin législatif du 11 janvier 2026 confirme l’orientation du Bénin vers un système électoral structuré, exigeant et soucieux d’équilibre entre gouvernabilité, équité politique et inclusion.
Soyez le premier à commenter cet article