Sur les axes interurbains reliant Cotonou, Abomey-Calavi et Porto-Novo, les minibus « Tokpa-Tokpa » séduisent par leur prix abordable. Mais derrière cette accessibilité se cache une conduite dangereuse : freinages brusques, virages imprévisibles, stationnements désordonnés. Entre imprudence, non-respect du Code de la route et consommation de stupéfiants, ces chauffeurs transforment chaque trajet en véritable risque de mort.
Les minibus Tokpa-Tokpa, devenus incontournables pour des milliers de Béninois grâce à leur tarif accessible (200 à 300 FCFA selon les trajets), sont aussi synonymes d’angoisse sur nos routes. Leur conduite anarchique sème la panique et multiplie les dangers, au point de faire de chaque déplacement une aventure incertaine.
Au volant, beaucoup de ces chauffeurs ne semblent pas se soucier du Code de la route. Arrêts brutaux pour prendre des clients, dépassements risqués, virages sans signalisation, stationnements désordonnés : autant de comportements qui exposent passagers et usagers à des accidents évitables. Les répressions syndicales et policières peinent à endiguer ces mauvaises pratiques.
À cette incivilité s’ajoute une réalité plus grave : nombre de conducteurs circulent sans disposer du permis requis pour un minibus. Le Code de la route impose un permis D, mais beaucoup se contentent du permis B, en toute illégalité. Résultat : des véhicules chargés de passagers confiés à des chauffeurs peu qualifiés.
Pire encore, certains recourent à la consommation de stupéfiants ou de faux médicaments pour « tenir » de longues journées au volant. Sous l’effet de ces substances, la vigilance s’effrite et le danger s’accroît. Ajoutés aux tensions personnelles, à la nervosité au volant et aux querelles avec les passagers, ces facteurs transforcent la route en champ de risques permanents.
Cette situation trouve aussi son origine dans le modèle économique des Tokpa-Tokpa. Les chauffeurs, contraints de verser quotidiennement ou hebdomadairement un quota aux propriétaires de véhicules, roulent dans la précipitation, au mépris de la sécurité.
Face à cette menace, la nécessité d’agir devient urgente. Le Bénin doit renforcer les contrôles, appliquer avec rigueur les règles de délivrance de permis et instaurer des mesures coercitives pour assainir la circulation. Car nos routes ne peuvent rester le terrain de jeu de chauffards inconscients, prêts à sacrifier des vies pour quelques pièces de plus.
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