Entre tradition, nature et modernité, la commune lacustre fascine le monde.
Nichée au cœur du département de l’Atlantique, la commune de Sô-Ava, célèbre pour son emblématique village lacustre de Ganvié souvent surnommé la Venise d’Afrique, s’impose comme un joyau touristique et culturel du Bénin. Lieu où l’eau et la vie ne font qu’un, Sô-Ava incarne l’âme même du pays : hospitalière, inventive et fière de ses racines.
Une commune née de l’eau et de l’histoire Le nom « Sô-Ava » trouve son origine dans la combinaison de Sô, l’une de ses rivières, et Ava, mot désignant les populations vivant et travaillant autour de cette eau nourricière. Située à environ 16 km de l’aéroport international Cardinal Bernardin Gantin de Cotonou, la commune est bordée au nord par Zè, Dangbo et Adjohoun, au sud par Cotonou, à l’est par les Aguégués et à l’ouest par Abomey-Calavi. Le peuplement de Sô-Ava remonte au XVIIe siècle. Les Toffinous, ses habitants originels, y trouvèrent refuge face aux guerres intertribales et aux razzias esclavagistes. Ils s’installèrent dans le bassin de l’Ouémé, donnant naissance à une civilisation lacustre unique, où la pêche, véritable art de vivre, structure l’économie et la culture locale. Une mosaïque humaine et culturelle Sô-Ava compte aujourd’hui environ 118 547 habitants répartis dans 69 villages et quartiers, au sein de neuf arrondissements : Sô-Ava, Ahomey-Lokpo, Dékanmey, Ganvié I, Ganvié II, Houèdo-Aguékon, Vèky, Gbessou et Aguékon. La commune est un carrefour culturel où cohabitent Toffinou, Goun, Fon, Yoruba et Adja, aux côtés d’autres groupes venus du nord du pays. Sur le plan religieux, la diversité est tout aussi remarquable : 30 % de chrétiens célestes, 29,7 % de catholiques, 10,4 % de méthodistes, 8 % d’autres confessions chrétiennes, 6,1 % de musulmans et 4,5 % d’adeptes des religions endogènes. Une économie nourrie par l’eau L’activité économique de Sô-Ava repose principalement sur la pêche, pratiquée selon des techniques variées : pêche à l’hameçon, à la nasse, aux trous à poisson, ou encore à l’« Epervier ». À côté, l’agriculture, le commerce, l’artisanat, l’élevage et la transformation des produits complètent la vie économique. On y cultive notamment la tomate, le maïs, le manioc, la patate, l’arachide, le piment, le gombo et divers légumes qui alimentent les marchés du sud du pays. Un patrimoine touristique et culturel exceptionnel Le gouvernement béninois, sous la vision du Président Patrice Talon, a engagé de grands travaux pour valoriser Sô-Ava, notamment à travers la route Akassato–Sô-Ava longue de 4 km et la réhabilitation de Ganvié inscrite dans le Programme d’Actions du Gouvernement (PAG). Ganvié, classée patrimoine mondial de l’UNESCO, attire chaque année des milliers de visiteurs fascinés par ses maisons sur pilotis, ses marchés flottants et son mode de vie unique. Mais au-delà du village lacustre, Sô-Ava regorge d’autres trésors : les anciens champs de tir de Dékanmè, Ganvié et Gbessou, les parcs naturels communautaires de Dékanmey et d’Ahomey-Lokpo, les forêts sacrées et les vestiges coloniaux qui racontent l’histoire d’un peuple fier et résilient. Le “Toffinxwé”, symbole d’unité et de fierté Chaque année, fils et filles de Sô-Ava se retrouvent autour du Toffinxwé, fête identitaire rythmée par des cérémonies cultuelles, des danses, des expositions et le partage du fameux dakouin, plat traditionnel à base de poisson et de gari. Ce moment de fraternité est l’occasion de célébrer la culture, mais aussi de réfléchir au développement de la commune. Des figures emblématiques et une gouvernance engagée De nombreuses personnalités contribuent au rayonnement de Sô-Ava, à l’image de l’ancienne députée Amoudatou Ahlonsou Gbadamassi ou encore El Hadj Ismaël Zossou Zola. La commune est aujourd’hui dirigée par le maire André Oussou Todjè, qui poursuit la dynamique de développement initiée par ses prédécesseurs, avec pour ambition de faire de Sô-Ava une vitrine du tourisme béninois durable et inclusif. Un joyau à préserver Sô-Ava n’est pas qu’un lieu : c’est une expérience, une culture et une fierté nationale. Entre modernité et tradition, la commune aquatique continue de faire rayonner le Bénin sur la scène internationale, rappelant à tous que l’eau, au-delà de la vie, peut aussi être le berceau d’une civilisation exemplaire.
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