Au cœur de Porto-Novo, capitale politique du Bénin, la Place de l’Indépendance d’Avakpa porte l’empreinte des grandes heures de l’histoire nationale. Jadis réhabilitée pour magnifier la souveraineté retrouvée, elle offre aujourd’hui le visage affligeant d’un patrimoine livré à l’oubli.
Symbole fort de la marche du Bénin vers la liberté, la Place de l’Indépendance d’Avakpa n’est pas un espace ordinaire. Elle incarne la mémoire collective, celle d’un peuple passé de la domination coloniale à l’affirmation de sa souveraineté. Pourtant, ce haut lieu de l’histoire nationale semble aujourd’hui relégué au rang de terrain vague, loin de sa vocation première.
Des repères historiques majeurs
L’histoire de cette place est intimement liée à celle du pays.
En 1894, Porto-Novo devient capitale du Dahomey français, marquant la perte de son indépendance.
Le 1er août 1960, le Dahomey accède à la souveraineté internationale et Porto-Novo conserve son statut de capitale politique.
Un demi-siècle plus tard, en 2010, la municipalité dirigée par le maire Oceni Moukaram entreprend la réhabilitation de la Place de l’Indépendance à l’occasion des festivités du cinquantenaire, redonnant à ce site une valeur symbolique et esthétique.
Un lieu de mémoire aujourd’hui défiguré
Quinze ans après ces travaux, le constat est amer. La place est envahie par les herbes folles, le sol éventré par des cavités et des monticules de terre rouge. Les installations sont dégradées, l’espace devenu insalubre, avec des actes de défécation à l’air libre qui choquent riverains et passants.
Bien que ceinturée par une clôture en tôles, la place reste sans surveillance, livrée à l’abandon et à l’incivisme, au mépris de sa portée historique.
Un symbole national en quête de renaissance
Alors que Porto-Novo s’engage progressivement dans une dynamique de renaissance urbaine et culturelle, l’état de la Place de l’Indépendance d’Avakpa interroge. Comment accepter que l’un des symboles majeurs de la souveraineté béninoise soit ainsi négligé ?
La restauration de ce site ne relève pas seulement de l’esthétique urbaine, mais d’un devoir de mémoire et de responsabilité envers les générations futures.
Il appartient désormais aux autorités nationales et locales de se saisir de cette urgence patrimoniale afin de redonner à la Place de l’Indépendance sa dignité, son rôle et son éclat d’antan. Car une nation qui oublie ses symboles fragilise sa propre histoire.
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