Dans quelques mois, Patrice Talon achèvera son second et dernier mandat à la tête du Bénin. Après dix années d’exercice du pouvoir, le président de la République s’apprête à tourner la page, conformément à son engagement de céder la légitimité constitutionnelle à son successeur. Avant ce départ annoncé, il devra présenter aux Béninois le bilan de son action gouvernementale, un rendez-vous républicain très attendu.
Durant cette décennie, Patrice Talon s’est imposé comme un chef d’État à la fois réformateur et pragmatique. Sa gouvernance, marquée par la rigueur et la recherche de résultats, a bouleversé les habitudes et remis en cause plusieurs systèmes jugés inefficaces. Son passage à la Marina a profondément transformé le visage du pays, au point que beaucoup estiment qu’aucun président depuis 1960 n’a accompli autant en si peu de temps.
Les réalisations sont visibles dans toutes les 77 communes, notamment sur le plan des infrastructures. Routes, assainissement, énergie, réformes administratives et sociales : la méthode Talon, parfois qualifiée de « rouleau compresseur », a visé à poser les bases d’un développement durable.
Les acquis sont tangibles dans l’éducation, la santé, l’économie numérique et l’agriculture, où le pays a connu de notables avancées.
Mais le bilan ne se limite pas aux grands chantiers. Plusieurs programmes sociaux ont marqué la décennie : microcrédits pour les femmes et les jeunes, cantines scolaires dans les écoles primaires, transferts monétaires aux ménages vulnérables, soutien aux enfants des militaires tombés au front, dons de fournitures scolaires, sans oublier le programme Gbessoké. Ces initiatives ont contribué à améliorer la vie quotidienne de nombreuses familles.
Toutefois, le parcours du président Talon n’a pas fait l’unanimité. Ses détracteurs dénoncent une gouvernance jugée trop dure, avec pour corollaire une aggravation des inégalités et de la pauvreté. Pour eux, les réformes entreprises n’auraient pas suffisamment profité aux couches défavorisées.
Entre critiques et éloges, une chose demeure : le Bénin de 2026 n’est plus celui de 2016. La décennie Talon aura laissé une empreinte durable dans l’histoire sociopolitique du pays. C’est cette empreinte que le chef de l’État devra présenter officiellement à ses compatriotes, dans une reddition de comptes que beaucoup annoncent déjà comme « décisive ».
Les Béninois attendent ce discours-bilan pour se convaincre, ou non, que Patrice Talon a véritablement réussi son pari : faire du Bénin une terre d’espoir et de résilience.
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