Cité chargée d’histoire et berceau spirituel du vodoun, Ouidah incarne à la fois la mémoire de la traite négrière, la richesse culturelle du peuple béninois et l’ancrage de grandes figures politiques et intellectuelles. De ses traditions ancestrales à ses paysages lagunaires, la ville natale du président Patrice Talon fascine et inspire.
Située à une trentaine de kilomètres de Cotonou, sur la côte sud-ouest du Bénin, Ouidah est bien plus qu’une simple commune du département de l’Atlantique. Ancienne porte de la traite négrière, elle est aujourd’hui une terre de mémoire, de culture et de spiritualité, symbole d’un dialogue permanent entre le passé et le présent.
Une terre d’illustres figures
Ville natale du président Patrice Talon, Ouidah a vu naître d’éminentes personnalités qui ont marqué la vie politique, intellectuelle et culturelle du Bénin : Émile Derlin Zinsou, ancien président de la République, Marcel de Souza, Francisco Marius, Roger Gbégnonvi, Célestine Adjanonhoun, sans oublier Angélique Kidjo, icône mondiale de la musique africaine. Ces noms rappellent la vitalité d’une cité où se mêlent intelligence, créativité et engagement.
Des origines profondes
Le nom Ouidah vient du mot « Xwéda », déformé au fil des siècles par les colons européens : Juda, Ajuda, Fida, Whydah... Les premiers habitants, les Hxwéda, étaient des Adja établis sur les rives du lac Ahémé, vivant principalement de pêche. Leur royaume, Kpassè, connu plusieurs souverains dont Ayohwan, Houffon et Dèdji. Sous le règne du roi Agadja d’Abomey, la cité devint dès 1727 la façade maritime du royaume du Danxomè, point d’embarquement de milliers d’esclaves vers les Amériques.
Mémoire et renaissance
Le long des plages, la Route de l’Esclave retrace ce passé douloureux à travers un parcours de trois kilomètres reliant la Place des Enchères à la Porte du Non-Retour. Symbole de résilience, la Porte du Retour accueille aujourd’hui les descendants de la diaspora africaine, venus renouer avec leurs racines. Le circuit est jalonné de lieux emblématiques : l’Arbre de l’Oubli, la Case Zomaï, le Mémorial de Zoungbodji et le Mémorial du Repentir, autant d’espaces de recueillement et d’histoire.
Berceau du vodoun
Ouidah est universellement reconnue comme le berceau du vodoun. La divinité Dangbé, le python sacré, y est vénérée depuis des siècles par les familles Agbo Atakpaloko, Zossoungbo et Adjovi. Autour de ce culte central gravitent d’autres divinités : Loko, Gou, Hêbiosso, Sakpata, Dan, Thron, Egungun, Oro, ou Shango. Le Temple des Pythons, en face de la Basilique Immaculée Conception, symbolise la coexistence pacifique des religions : animisme, catholicisme, islam et protestantisme.
Une commune vivante et accueillante
Devenue commune en 2002, Ouidah s’étend sur 364 km², limitrophe de l’Océan Atlantique, d’Abomey-Calavi, de Grand-Popo, Kpomassè et Tori-Bossito. Elle compte 10 arrondissements et 60 villages et quartiers, aujourd’hui administrés par le maire Christian Houétchénou. La ville vit au rythme de ses marchés dynamiques (Pahou, Savi, Houakpé-Daho) et de sa gastronomie colorée : Dakouin, Féchuada, Abla, Kandji, Atoutou… autant de spécialités qui font le bonheur des visiteurs.
Rythmes et patrimoine
Les cérémonies traditionnelles se célèbrent au son des Gogbahoun, Zangbéto, Atchahoun, Dawé houn ou Kpodji guèguè, témoins de l’âme festive du peuple ouidahien. Son patrimoine architectural forts coloniaux, maisons afro-brésiliennes, musées, forêts sacrées et temples attire chaque année des milliers de touristes en quête d’histoire et d’authenticité.
Une nature généreuse
Entre le lac Toho, la lagune de Pahou et la Route des Pêches reliant Fidjrossè à Djègbadji, Ouidah offre un cadre naturel exceptionnel : cocotiers, mangroves, plages dorées et faune aquatique variée. Un véritable sanctuaire écologique où la nature épouse la spiritualité.
De ses racines royales à ses plages légendaires, de son vodoun à sa foi chrétienne, Ouidah est la ville des harmonies et des contrastes, une capitale culturelle où le passé dialogue sans cesse avec l’avenir. C’est ici que bat le cœur profond du Bénin.
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