Nichée au cœur d’Allada, la forêt relique de Niaouli est un véritable sanctuaire naturel, témoin rare des forêts originelles du Sud-Bénin. Protégée depuis 1997, elle abrite une richesse floristique et faunique exceptionnelle, faisant d’elle un laboratoire vivant où cohabitent science, histoire et biodiversité.
Un îlot forestier chargé d’histoire
À une cinquantaine de kilomètres au nord de Cotonou, la forêt de Niaouli s’étend sur environ 220 hectares, au sein de la commune d’Allada, dans le département de l’Atlantique. Implantée au cœur de la station de recherche agronomique de Niaouli l’une des plus anciennes infrastructures scientifiques du pays, fondée en 1904 à l’époque coloniale cette forêt semi-décidue est protégée depuis 1997.
De la surface totale, seuls 65,5 hectares demeurent aujourd’hui sous forme de forêt dense et préservée, classée comme « forêt relique ». Elle se divise en deux grands ensembles : la « forêt du bas-fond » (24,2 ha), en partie inondée par le cours d’eau Ava, et la « forêt du plateau » (41,3 ha), entourée de savane et plus sèche.
Un trésor de biodiversité
Les études scientifiques y ont recensé 223 espèces de plantes appartenant à 72 familles botaniques. Cette diversité reflète la richesse écologique du site, où coexistent deux écosystèmes complémentaires.
Quatre espèces végétales retiennent particulièrement l’attention pour leur valeur ethnobotanique :
- Albizia zygia, très recherchée pour son bois,
- Antiaris toxicaria,
- Ceiba pentandra (le fromager),
- et Newbouldia laevis, utilisée dans la pharmacopée traditionnelle.
Ces essences sont au cœur des savoirs locaux, employées dans la construction, la médecine ou encore l’alimentation.
Une faune discrète mais remarquable
La forêt de Niaouli abrite une faune variée où coexistent escargots, reptiles et chauves-souris. Des investigations menées au début des années 2000 ont permis d’identifier plusieurs espèces de chauves-souris rares, telles que Eidolon helvum, Epomophorus gambianus ou encore Megaloglossus woermanni.
Les chercheurs y ont également observé une avifaune d’une richesse étonnante : 166 espèces d’oiseaux, dont 14 jamais signalées auparavant au Bénin. Parmi elles figurent le martin-pêcheur à ventre blanc, le barbican chauve ou encore le gonolek fuligineux, véritables symboles de la vitalité écologique du site.
Un patrimoine à préserver
Entre science et nature, la forêt de Niaouli demeure un témoin précieux du patrimoine écologique béninois. Véritable refuge de biodiversité, elle rappelle l’urgence de préserver ces fragments de nature originelle face à la pression urbaine et agricole croissante.
Plus qu’un simple espace vert, Niaouli est une mémoire vivante : celle d’un Bénin où la forêt et l’homme continuent de cohabiter en harmonie.
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