À quelques semaines de l’Aïd el-Kébir, le marché du bétail s’enflamme. Entre raréfaction de l’offre, insécurité au Sahel et hausse des coûts logistiques, les prix des moutons atteignent des niveaux inédits, mettant à rude épreuve le pouvoir d’achat des ménages.
À peine la fête de l’Aïd-el-Fitr célébrée, les regards sont déjà tournés vers la Tabaski. Mais cette année, l’ambiance est loin d’être sereine sur les marchés à bétail. La hausse spectaculaire des prix des moutons suscite inquiétude et frustration chez de nombreux fidèles, confrontés à une réalité économique de plus en plus contraignante.
Sur les marchés, les constats sont sans appel : les prix ont parfois doublé en l’espace de quelques semaines. Des moutons autrefois accessibles entre 60 000 et 75 000 FCFA se négocient désormais entre 150 000 et 175 000 FCFA, voire davantage pour les plus beaux spécimens.
Cette flambée s’explique d’abord par une contraction notable de l’offre. Dans plusieurs pays fournisseurs, notamment au Maroc et au Niger, les effets de la sécheresse ont lourdement impacté le cheptel. Les pâturages se raréfient, les coûts d’entretien augmentent, et la capacité de production locale s’en trouve fortement réduite.
À ces contraintes climatiques s’ajoute un facteur sécuritaire préoccupant. Dans les zones sahéliennes, notamment au Mali, au Burkina Faso et au Niger, l’insécurité persistante complique considérablement les circuits d’approvisionnement. Les éleveurs et commerçants, confrontés aux risques liés aux déplacements, peinent à acheminer les animaux vers les grands centres urbains.
Par ailleurs, la hausse des prix du carburant et des aliments pour bétail renchérit le coût global de production. Entre transport onéreux et alimentation plus coûteuse, chaque étape de la chaîne contribue à tirer les prix vers le haut.
Enfin, le caractère saisonnier de la demande accentue le déséquilibre. À l’approche de la Tabaski, les achats se concentrent sur une courte période, créant une pression immédiate sur une offre déjà limitée. Ce contexte favorise également la multiplication des intermédiaires, dont les marges successives alourdissent davantage la facture pour le consommateur final.
Face à cette situation, de nombreux ménages redoutent de ne pas pouvoir accomplir le sacrifice dans les conditions habituelles. Une réalité qui interroge sur la nécessité de mieux encadrer le marché et d’anticiper les périodes de forte demande.
Soyez le premier à commenter cet article