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Crise au sein du parti Les Démocrates

Michel SODJINOU brise le silence

Michel SODJINOU brise le silence

Dans une déclaration publique, Michel François Oloutoyé SODJINOU, coordonnateur de la 19e circonscription électorale du parti Les Démocrates (LD), dénonce la dérive autoritaire qu’il impute à la direction actuelle du parti, sous l’influence du président Boni Yayi. Pour lui, la démocratie interne et l’esprit fondateur du parti sont aujourd’hui menacés.

Un cri de cœur pour la démocratie interne

« Par devoir envers l’histoire de notre pays, de notre parti et de ma conscience », c’est ainsi que Michel François Oloutoyé SODJINOU a justifié sa prise de parole ce jeudi. Dans une déclaration solennelle, le coordonnateur de la 19e circonscription électorale du parti Les Démocrates (LD) a dénoncé ce qu’il qualifie de dérive autoritaire et de confiscation du pouvoir au sein de son parti.

Fidèle militant depuis la création du parti, SODJINOU dit s’exprimer « non par colère, mais par devoir » afin d’alerter sur la perte de repères démocratiques et de transparence au sein de LD, formation née de l’espoir d’une véritable alternative politique.

« L’idéal démocratique asphyxié par un leadership d’un autre âge »

Selon lui, le parti a progressivement glissé vers un fonctionnement « fermé, dominé par quelques-uns », où les décisions importantes se prennent sans consultation de la base.

Il évoque notamment le congrès de Parakou en 2023, marqué, selon ses mots, par « des discours humiliants et teintés de régionalisme ».

Pour Michel SODJINOU, cette orientation a consacré la rupture entre la direction et la base militante : « L’idéal a été asphyxié par un leadership d’un autre âge », affirme-t-il.

Un parallèle avec les dérives du passé

L’élu de la 19e circonscription électorale rappelle les précédents politiques qui, selon lui, devraient servir de leçon.

« En 2016, nous avions vécu la désillusion d’un choix imposé d’en haut avec la candidature de Lionel Zinsou », cite-t-il, avant d’ajouter : « Cinq ans plus tard, l’histoire s’est répétée avec le choix de Reckya Madougou en 2021, décidé dans un cercle restreint. »

Pour lui, Les Démocrates ont ainsi reproduit les erreurs des FCBE sous la présidence de Boni Yayi, transformant peu à peu l’espoir démocratique en un « pouvoir personnel ».

Un processus présidentiel jugé opaque

Abordant la préparation de l’élection présidentielle de 2026, SODJINOU dénonce un processus de désignation « opaque et biaisé ».

Il fustige l’exigence faite à certains députés de signer à blanc leurs fiches de parrainage et déplore l’absence de concertation autour du choix du candidat : « Tout le monde sait que le choix de M. Renaud Agbodjo est déjà acté, alors même que la commission n’a pas terminé ses travaux. »

Il condamne également les discours « régionalistes » et les « pressions exercées sur les cadres » pour soutenir des décisions déjà arrêtées.

Un appel au sursaut collectif

Michel François Oloutoyé SODJINOU dit ne pas vouloir diviser, mais alerter :

« Je parle pour sauver ce qui peut encore l’être. Je demande simplement que les règles soient respectées et que les militants soient entendus. »

S’il réaffirme son respect pour Boni Yayi, il conteste la gouvernance actuelle :

« Le respect que nous devons au président Yayi ne doit pas nous empêcher de dire la vérité. »

Il appelle à restaurer la collégialité, à renforcer la base et à rétablir le dialogue interne, estimant que Les Démocrates doivent redevenir une organisation « vivante, pluraliste et transparente ».

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