Au lendemain des événements du 7 décembre 2025, Marie-Cécile Zinsou publie une lettre ouverte au ton ferme et sans ambiguïté, dénonçant ce qu’elle qualifie de tentatives de manipulation et d’ingérence de l’activiste panafricaniste Kemi Seba dans les affaires intérieures du Bénin.
Lettre ouverte à Kemi Seba : “Le Bénin n’a pas cédé, il ne cédera pas”
Le dimanche 7 décembre 2025, un appel à la mobilisation lancé par Kemi Seba a alimenté tensions et confusion. Dans une lettre ouverte devenue virale, Marie-Cécile Zinsou critique vivement l’attitude de l’activiste, qu’elle accuse d’avoir « brandi la haine et le désordre » et tenté de provoquer un embrasement national. Face à ce qu’elle décrit comme une tentative d’intimidation collective, elle répond : « Ce mur qui s’est dressé devant vous, c’est la Nation béninoise. »
Refusant toute forme d’infantilisation du peuple, elle écrit : « Ne nous menacez pas. Ne nous dictez pas nos colères. Ne choisissez pas à notre place. » Pour elle, le Bénin n’a jamais failli à sa tradition de débat démocratique et n’a pas besoin d’un « guide extérieur » pour exprimer ses choix politiques.
Un appel à la révolution resté lettre morte
La lettre revient sur les incitations à manifester lancées par Kemi Seba. Malgré un intense battage sur les réseaux sociaux, la mobilisation espérée n’a pas eu lieu. « Personne ne vous a écouté », souligne-t-elle, rappelant le fossé entre agitation virtuelle et réalité du terrain.
Elle ironise sur le « nuage de contestataires déchaînés » venant de Niamey, Washington, Moscou, Bamako ou Ouagadougou. Un nuage qui, dit-elle, « n’a produit qu’une bonne pluie lundi ».
Un rappel historique : souveraineté et vigilance
À l’aube des 66 ans d’indépendance du Bénin, Marie-Cécile Zinsou déplore que certains discours extérieurs cherchent encore à orienter ou influencer le pays. Assimilant les appels de Kemi Seba à une nouvelle forme d’ingérence, elle évoque même « une tentative de recolonisation déguisée », notamment en lien avec les intérêts stratégiques de l’AES.
Elle convoque les héritages historiques : Gbèhanzin, les peuples Holli, Sahoué, Somba, Adja, Houé, Ouatchi, Bariba et bien d’autres. « Vous pensiez soumettre en quelques heures un peuple issu de tant de résistances ? » interroge-t-elle.
Entre défis internes et illusions extérieures
Si elle reconnaît les défis auxquels le Bénin est confronté, elle insiste sur la patience et les efforts nécessaires pour bâtir un développement durable. « Faire l’inventaire de nos problèmes est simple. Trouver les solutions est plus compliqué », écrit-elle, en soulignant que les exemples de l’AES démontrent que la bonne volonté ne suffit pas à transformer un pays.
Elle pointe également ce qu’elle considère comme les véritables motivations de Kemi Seba : « Sous couvert de liberté, seules nos infrastructures portuaires vous intéressent. Le colon aussi avait de beaux discours. »
Un appel au retrait et à la paix
La lettre se conclut sur un avertissement clair : « Rentrez chez vous, d’où que vous veniez, et laissez-nous tranquille. »
Marie-Cécile Zinsou appelle à respecter la mémoire de ceux qu’elle qualifie de « martyrs gratuits » et exhorte à mettre un terme aux tentatives de manipulation susceptibles de plonger le pays dans le chaos.
Soyez le premier à commenter cet article