La culture de l’arachide, l’une des légumineuses les plus prisées au Bénin, reste marquée par des contraintes qui affectent son rendement et sa compétitivité. Entre rareté de la main-d’œuvre et faiblesse de la pluviométrie dans certaines zones, les producteurs peinent à tirer pleinement profit de ce potentiel économique.
Une production concentrée mais fragile
Chaque année, la production nationale d’arachide oscille entre 50 000 et 75 000 tonnes, couvrant 80 000 à 100 000 hectares. Les rendements, eux, demeurent faibles, de l’ordre de 600 à 800 kg par hectare, bien en deçà du potentiel réel. Le département du Zou domine la filière, regroupant plus de 40 % des superficies et de la production.
Mais ce dynamisme est freiné par deux contraintes majeures : la pénibilité des travaux de récolte, nécessitant une main-d’œuvre de plus en plus rare, et l’irrégularité des pluies, notamment dans les savanes sèches du nord.
De la graine au beurre : la valeur ajoutée locale
Au-delà de la consommation directe, l’arachide constitue une ressource économique vitale grâce à sa transformation. L’huile d’Agonlin, les galettes, ou encore le beurre d’arachide témoignent de l’importance de la filière dans la vie locale et l’autonomisation des femmes.
Ces activités génèrent de la valeur ajoutée et soutiennent les revenus de milliers de familles. Des partenariats entre l’État, les organisations professionnelles agricoles et les acteurs privés s’efforcent d’améliorer la compétitivité du secteur.
Une légumineuse et non une noix
Souvent confondue avec les noix, l’arachide appartient en réalité à la famille des Fabacées, au même titre que les haricots, pois ou lentilles. Elle se distingue par sa fructification en gousses enfouies dans le sol. Riche en protéines et en matières grasses, elle joue un rôle nutritionnel majeur et contribue, comme toutes les légumineuses, à enrichir le sol en azote grâce à la symbiose avec des bactéries.
Un potentiel à exploiter
Malgré ses contraintes, l’arachide demeure un produit stratégique pour l’agriculture béninoise. Avec une meilleure maîtrise des itinéraires techniques, une organisation renforcée de la filière et des investissements ciblés, elle pourrait devenir non seulement une source durable de revenus pour les producteurs, mais aussi un atout pour la souveraineté alimentaire et l’économie nationale.
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