Le ministère public près la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a requis de sévères sanctions dans une affaire présumée de fraude à l’énergie électrique impliquant un opérateur économique et deux agents de la société publique d’électricité. Au terme des débats, cinq ans d’emprisonnement ferme assortis d’une amende de deux millions de francs CFA ont été demandés contre les principaux prévenus.
Un système frauduleux bien organisé
D’après l’accusation, le propriétaire de plusieurs boutiques installées au marché Kpassè aurait mis en place un branchement clandestin directement raccordé à un poteau électrique afin d’échapper au contrôle de son compteur officiel. Exploitant près d’une vingtaine de congélateurs destinés à ses activités commerciales, il ne s’acquittait pourtant que d’environ 15 000 FCFA par mois, une facture jugée dérisoire au regard de sa consommation réelle. Les investigations ont permis d’estimer le manque à gagner pour la SBEE à plus de 23 millions de francs CFA.
Des complicités internes évoquées
À la barre, le commerçant a reconnu les faits tout en mettant en cause un technicien de la société énergétique, qu’il accuse d’avoir procédé à l’installation du dispositif frauduleux. Il a également pointé du doigt un agent releveur, soupçonné d’avoir volontairement ignoré les irrégularités constatées lors des contrôles périodiques.
Selon le parquet, ce dernier aurait non seulement facilité la prise de contact avec le technicien, mais également contribué à maintenir le système frauduleux en activité.
Les réquisitions du parquet
Le ministère public a sollicité la restitution de la caution de 500 000 FCFA versée par un second releveur poursuivi dans le dossier, pour lequel une position plus clémente a été adoptée.
En revanche, le substitut du procureur spécial a requis cinq ans de prison ferme ainsi qu’une amende de deux millions de francs CFA contre le propriétaire, le technicien et le premier agent releveur. Le parquet a également demandé la condamnation du commerçant au remboursement intégral des 23 millions de francs CFA réclamés à titre de réparation du préjudice subi par la SBEE.
Le verdict de la juridiction spéciale est attendu pour la mi-mars 2026.
Un phénomène préoccupant
Cette procédure remet en lumière l’ampleur du vol d’énergie électrique au Bénin et les défis liés à la préservation des ressources publiques. Elle pose, une fois encore, la question du renforcement des mécanismes de contrôle interne au sein des entreprises publiques ainsi que celle de la responsabilisation des usagers face aux coûts croissants de la fourniture énergétique.
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