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ARTISANAT DE RUE AU BÉNIN : LES “TCHOUMINKA”, MAÎTRES DU CUIR DANS NOS RUES

ARTISANAT DE RUE AU BÉNIN : LES “TCHOUMINKA”, MAÎTRES DU CUIR DANS NOS RUES

Présents à chaque coin de rue, les cordonniers nigériens, affectueusement appelés Tchouminka, font désormais partie du décor urbain béninois. Leur savoir-faire et leur ténacité incarnent la vitalité d’un artisanat de survie, souvent délaissé par les jeunes Béninois mais devenu une source d’espoir pour ces artisans venus d’ailleurs.

Dans les artères animées des villes béninoises, difficile de ne pas apercevoir ces artisans penchés sur une chaussure, un sac ou une ceinture. Eux, ce sont les Tchouminka cordonniers venus principalement du Niger, mais aussi du Nigeria et du Mali. Leur présence, devenue familière, illustre la diversité et la vitalité du secteur informel béninois.

Souvent installés sous un parasol ou simplement assis au bord du trottoir, ces artisans travaillent sans véritable atelier. Leur seul capital : une boîte à outils, un fil solide, de la colle et un savoir-faire hérité. En moyenne, ils gagnent entre 5 000 et 6 000 francs CFA par jour, un revenu modeste mais vital pour subvenir aux besoins de leurs familles restées au pays.

Pour beaucoup de Béninois, le métier de cordonnier est peu valorisé et perçu comme une activité de fortune. Cette perception explique en partie pourquoi les Tchouminka ont pris une place aussi visible dans ce domaine. Pourtant, la cordonnerie demande de la minutie, de la patience et un sens aigu de la précision des qualités que ces artisans incarnent à merveille.

Leur présence massive s’explique aussi par des raisons économiques et géographiques. Le Bénin et le Niger, deux pays frontaliers liés par l’histoire et les échanges, partagent un commerce transfrontalier dense, même si la frontière fluviale reste actuellement fermée côté nigérien. Malgré cette barrière politique, les échanges informels et le passage des savoir-faire continuent de se maintenir.

Au Niger, la cordonnerie est un métier ancestral, transmis de génération en génération. En arrivant au Bénin, les Tchouminka apportent non seulement leur expertise, mais aussi un modèle de résilience économique. Leur activité contribue à animer les rues et à rendre service à des milliers de citoyens qui, chaque jour, leur confient leurs chaussures fatiguées.

Si certains voient en eux une concurrence pour les rares cordonniers béninois encore en activité, d’autres reconnaissent qu’ils entretiennent un artisanat qui aurait pu disparaître. Dans un pays où le secteur informel emploie la majorité de la population active, les Tchouminka rappellent qu’avec peu de moyens mais beaucoup de courage, on peut redonner vie aux pas des autres.

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