À Grand-Popo, parlementaires, experts et cadres de l’administration financière passent au crible le rapport d’exécution arrêté au 30 juin 2026
Les parlementaires veulent affiner leurs outils de contrôle de l’action gouvernementale, particulièrement dans le domaine de la gestion des finances publiques. Depuis ce mercredi 7 octobre 2026, un atelier consacré à l’appropriation et à l’exploitation du rapport d’exécution du budget de l’État au 30 juin 2026 réunit à Grand-Popo plusieurs acteurs de la chaîne budgétaire et parlementaire.
Les travaux se déroulent à l’hôtel No-Stress sous l’impulsion de l’Unité d’analyse, de contrôle et d’évaluation du budget de l’État (UNACEB). La cérémonie d’ouverture a été présidée par le député Gérard Gbénonchi, président de la Commission des finances et des échanges de l’Assemblée nationale, au nom du président de l’institution parlementaire, Joseph Fifamin Djogbénou.
Pendant trois jours, les participants vont examiner les principaux éléments du rapport d’exécution budgétaire afin de mieux apprécier la mise en œuvre des autorisations accordées au gouvernement dans le cadre de la loi de finances 2026.
Mieux exploiter les données de l’exécution budgétaire
L’atelier rassemble les présidents et rapporteurs des commissions permanentes de l’Assemblée nationale, les députés membres de la Commission des finances, des cadres du ministère de l’Économie et des Finances, des experts de la Cour des comptes ainsi que des cadres parlementaires.
À travers cette rencontre, il s’agit notamment de renforcer la capacité des élus à analyser les principaux agrégats de l’exécution des lois de finances au premier semestre 2026. Les travaux devront également permettre aux députés de disposer d’éléments d’appréciation pour formuler leurs observations et avis au gouvernement sur l’utilisation des crédits budgétaires.
Autre enjeu majeur : tirer des conclusions susceptibles d’orienter les futures actions de contrôle du Parlement à partir des constats issus de l’exécution budgétaire.
Le contrôle de l’action gouvernementale au cœur des travaux
Pour Gérard Gbénonchi, cet exercice s’inscrit pleinement dans les prérogatives constitutionnelles de l’Assemblée nationale. Le Parlement ne se limite pas à voter les lois et à autoriser les dépenses publiques. Il doit également veiller à leur correcte mise en œuvre et apprécier la manière dont le gouvernement utilise les ressources publiques.
Le président de la Commission des finances et des échanges a ainsi rappelé que le contrôle de l’action gouvernementale constitue une composante essentielle du fonctionnement démocratique. Dans le domaine financier, cette responsabilité revêt une importance particulière puisqu’elle permet aux représentants de la Nation de vérifier la conformité de l’action gouvernementale avec les autorisations budgétaires votées.
Cette mission est également encadrée par la législation relative aux finances publiques. Les rapports d’exécution budgétaire transmis périodiquement au Parlement constituent ainsi des outils essentiels pour permettre aux députés d’exercer efficacement leur mission de contrôle.
Un enjeu pour la transparence des finances publiques
Au-delà de l’analyse technique du rapport arrêté au 30 juin 2026, les assises de Grand-Popo s’inscrivent dans une dynamique plus large de renforcement de la transparence et de la redevabilité dans la gestion publique.
Le président de la Commission des finances a notamment souligné le lien entre la qualité du contrôle parlementaire et les performances du Bénin dans les mécanismes internationaux d’évaluation de la transparence budgétaire. Il a invité les participants à faire preuve de rigueur et de responsabilité afin que les travaux débouchent sur des conclusions concrètes et utiles à l’action parlementaire.
Le Bénin figure d’ailleurs parmi les pays africains les mieux classés dans les évaluations relatives à la transparence budgétaire, une performance qui, selon les organisateurs, doit encourager la poursuite des efforts engagés.
L’appui de la GIZ réaffirmé
Cofinancé par la GIZ et l’Assemblée nationale à travers les crédits affectés à la Commission des finances, l’atelier bénéficie également de l’accompagnement du projet ReFORM.
Prenant la parole au nom de la coopération allemande, Dorinali Yalla Boni a réaffirmé l’intérêt accordé par la GIZ et l’Union européenne au processus de réforme et d’amélioration de la gestion des finances publiques au Bénin.
Il a salué le caractère participatif de la rencontre et exprimé l’espoir que les échanges entre parlementaires, administration financière et experts permettront de dégager des résultats pertinents. Il a également relevé l’importance du rapprochement entre l’Assemblée nationale et la Cour des comptes dans le renforcement du contrôle des finances publiques.
Avant l’ouverture officielle des travaux, le directeur de l’UNACEB, Simplice Quenum, avait exprimé sa reconnaissance au président de l’Assemblée nationale pour avoir autorisé la tenue de ces assises ainsi qu’à la GIZ pour son accompagnement.
Au cours des trois jours de travaux, plusieurs communications et séances d’échanges permettront aux participants d’approfondir leur lecture du rapport d’exécution du budget de l’État au 30 juin 2026. L’objectif final est de faire du contrôle budgétaire parlementaire un instrument toujours plus efficace de transparence, de responsabilité et de bonne gouvernance.
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