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Élections générales de 2026 au Bénin

Les Démocrates multiplient les contestations

Les Démocrates multiplient les contestations

À moins d’un an des élections générales, le parti Les Démocrates (LD) reste dans une posture critique face aux initiatives du gouvernement, notamment sur la délivrance en ligne du quitus fiscal, document indispensable pour toute candidature. Le lundi 15 septembre 2025, le parti d’opposition Les Démocrates a animé une conférence de presse pour réagir à l’ouverture, trois jours plus tôt, de la plateforme numérique de délivrance et de vérification des quitus fiscaux, mise en place par la Direction générale des impôts (DGI). S’il reconnaît l’utilité de l’outil, le LD affirme nourrir de sérieux doutes sur son usage dans le cadre des élections générales de 2026. Le parti redoute particulièrement que le dispositif serve à appliquer l’article 41 nouveau du Code électoral, qui exige des candidats un quitus couvrant les trois années précédant le dépôt de candidature. Selon eux, cet article pourrait être exploité comme un instrument d’exclusion. Une inquiétude persistante Les Démocrates dénoncent une « peur bleue » de voir l’outil fiscal se transformer en arme politique. Pour eux, le gouvernement de Patrice Talon aurait déjà recouru par le passé à des « redressements fiscaux fantaisistes » afin d’écarter certains opposants lors des scrutins de 2019 et 2023. Bien que certains candidats aient obtenu leur quitus, ils affirment avoir été ensuite frappés de sanctions fiscales jugées arbitraires. Le parti relève également des imperfections techniques de la nouvelle plateforme. L’une des principales critiques porte sur l’obligation de choisir un type précis d’élection pour obtenir son quitus. Or, le Code électoral autorise une candidature à plusieurs scrutins. Cette limitation est perçue comme une nouvelle forme de restriction. Enfin, le LD estime que le lancement tardif de la plateforme, à moins d’un an des échéances, risque de provoquer une « course contre la montre » pour les candidats aux communales, municipales et législatives. Le parti appelle à une « dépolitisation totale » de l’administration fiscale et des institutions impliquées dans le processus électoral. Une contestation tous azimuts Ce n’est pas la première fois que Les Démocrates s’opposent frontalement aux réformes électorales. Ils avaient déjà exprimé de vives réserves à propos de la Liste Électorale Informatisée (LEI), accusée d’être manipulée en faveur de la mouvance. Mais l’audit indépendant conduit par des experts internationaux avait conclu à la fiabilité et à la sécurité du fichier électoral. Plus récemment encore, le parti a affirmé que le gouvernement aurait tenté d’« acheter » ses 28 députés, une accusation que l’exécutif rejette en bloc. Un positionnement risqué Pour plusieurs observateurs, la stratégie de contestation systématique adoptée par le LD pourrait finir par se retourner contre lui. « Comment expliquer que des opérateurs économiques ayant déjà soldé leurs impôts ne puissent légitimement obtenir leur quitus pour se présenter aux élections ? », s’interroge une source proche du dossier. À force de multiplier les accusations sans preuves tangibles, les Démocrates s’exposent à voir leur crédibilité fragilisée auprès d’une partie de l’opinion publique.

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