La circulation routière connaît depuis quelques années une transformation notable avec l’apparition massive des véhicules équipés de phares blancs sur nos axes routiers. De jour comme de nuit, ces éclairages de nouvelle génération, notamment les LED et les Xénon, se sont imposés comme une norme sur de nombreux modèles récents.
Conçus pour offrir une meilleure visibilité, ces phares produisent une lumière blanche intense, proche de celle du soleil, et répondent aux avancées technologiques de l’industrie automobile.
Toutefois, cette innovation, encore relativement nouvelle sous nos latitudes, suscite de nombreuses inquiétudes. En effet, l’usage abusif et incontrôlé des phares blancs par certains conducteurs constitue aujourd’hui une source réelle de danger sur la route. Éblouissement excessif, perte momentanée de visibilité, stress et désorientation figurent parmi les conséquences immédiates de cette pratique, parfois à l’origine d’accidents graves, voire mortels.
Le phénomène prend de l’ampleur, notamment avec l’importation croissante de véhicules modernes déjà équipés de ces systèmes d’éclairage performants.
Les phares LED, par exemple, fonctionnent grâce au passage d’un courant électrique à travers des semi-conducteurs produisant des photons. Ce procédé, bien que techniquement efficace, génère une luminosité très élevée qui, mal utilisée, peut devenir extrêmement nuisible pour les autres usagers de la route.
Sur nos routes urbaines et interurbaines, certaines voitures, souvent de luxe et dotées d’options haut de gamme, circulent avec des feux puissants utilisés sans discernement. Par ostentation, par négligence ou par méconnaissance du code de la route, des conducteurs braquent leurs feux de route en pleine agglomération ou face à d’autres véhicules, au mépris des règles élémentaires de sécurité. Ce comportement dangereux constitue une atteinte grave à l’ordre public, à la sécurité routière et à la protection de la personne humaine. Chaque vie perdue sur la route est une tragédie évitable et une perte irréparable pour la société.
Il ne s’agit nullement de remettre en cause le progrès technologique ni le droit de chacun à acquérir des véhicules modernes. Le véritable enjeu réside dans la responsabilité et la conscience citoyenne des conducteurs. Même si les autorités compétentes, notamment le Centre National de Sécurité Routière (CNSR), n’interdisent pas l’usage des phares blancs, leur utilisation doit impérativement se faire dans le strict respect des normes du code de la route.
La circulation routière exige courtoisie, retenue et respect mutuel. Toute forme de désordre ou de démonstration de puissance au volant doit être proscrite. À défaut d’un changement volontaire de comportement, il revient à la Police Républicaine d’assumer pleinement son rôle de régulation, par des contrôles rigoureux et des sanctions dissuasives à l’encontre des contrevenants.
À titre de rappel, un véhicule est équipé de plusieurs types de feux, chacun ayant un usage précis : les feux de position pour être vu (portée d’environ 30 mètres), les feux de croisement pour voir et être vu (environ 100 mètres), les feux de route pour éclairer à longue distance, et les feux de brouillard avant pour améliorer la visibilité en conditions difficiles. Leur utilisation appropriée n’est pas une option, mais une obligation légale et morale.
Le progrès ne doit pas aliéner l’homme, mais contribuer à une coexistence harmonieuse et rationnelle. Sur la route, plus que partout ailleurs, la technologie doit rester au service de la vie. C’est à ce prix que nos axes routiers deviendront des espaces de partage, de sécurité et de concorde pour tous.
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