À quelques jours des législatives du 11 janvier 2026, l’absence remarquée de l’ancien président Boni Yayi sur le terrain électoral alimente interrogations et inquiétudes au sein du parti Les Démocrates. Figure tutélaire de l’opposition, son mutisme contraste avec les attentes d’une base militante en quête de repères et de mobilisation.
Depuis l’ouverture officielle de la campagne électorale, une question revient avec insistance dans les rangs de l’opposition béninoise : où est passé Boni Yayi ? Ancien président de la République et principal symbole politique du parti Les Démocrates, l’homme n’a, jusqu’ici, pris part à aucun grand rassemblement ni activité majeure de sa formation politique. Une absence qui ne passe pas inaperçue et qui suscite un malaise grandissant.
Pour de nombreux militants, la présence physique et la parole de Boni Yayi étaient perçues comme un levier essentiel de mobilisation. Habitué aux bains de foule et aux discours galvanisants, l’ancien chef de l’État incarnait, pour beaucoup, l’âme et l’énergie du parti. Son silence actuel tranche brutalement avec ce rôle historique et laisse planer le doute sur la dynamique réelle de la campagne.
Aucune explication officielle n’a été fournie pour justifier cette mise en retrait. Dans les coulisses, cependant, des voix évoquent un possible désengagement volontaire, nourri par des frustrations internes ou des divergences stratégiques non résolues. Des hypothèses qui, sans être confirmées, alimentent les spéculations et fragilisent davantage la cohésion du parti.
Cette absence pèse d’autant plus lourd que Les Démocrates font face à des contraintes matérielles et financières notoires. Dans cette configuration, le parti misait largement sur le capital politique, la notoriété nationale et l’aura personnelle de Boni Yayi pour compenser ses faiblesses structurelles. Privés de cet atout majeur, les candidats se retrouvent contraints de mener une bataille électorale plus complexe, face à des adversaires mieux organisés et plus visibles.
À l’approche du scrutin, le silence prolongé de l’ancien président pourrait avoir un impact déterminant sur les performances électorales du parti. Une prise de parole, un message public ou un geste symbolique restent donc très attendus par les militants, qui espèrent encore un sursaut capable de remobiliser les troupes et de rassurer l’électorat indécis.
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