GROSSESSES SANS ENGAGEMENT
LE PIÈGE DES ILLUSIONS AMOUREUSES
Porto-Novo, Cotonou, Abomey-Calavi, Parakou… De plus en plus de jeunes doivent prendre conscience qu’une grossesse ne garantit ni mariage, ni sécurité financière, encore moins un avenir à deux.
Un phénomène social mérite une attention particulière dans nos villes : des jeunes filles et des jeunes hommes s’engagent dans des relations intimes qui aboutissent à des grossesses, parfois sans avoir préalablement discuté de leurs intentions, de leur avenir commun ou de leurs responsabilités respectives. Une situation qui peut rapidement devenir source de conflits, de désillusions et de précarité.
À Porto-Novo, Cotonou, Abomey-Calavi, Parakou et dans plusieurs autres localités du Bénin, il est important de tirer la sonnette d’alarme sur ces comportements qui fragilisent parfois l’avenir de nombreux jeunes.
Certaines jeunes filles semblent considérer la grossesse comme un moyen de consolider une relation, de pousser un partenaire au mariage ou d’obtenir une certaine stabilité matérielle. Elles espèrent parfois qu’en portant l’enfant d’un homme, celui-ci finira nécessairement par les épouser et assurer leur prise en charge. Mais la réalité est souvent différente.
Une grossesse ne constitue pas une promesse de mariage !
Mettre un enfant au monde ne signifie pas automatiquement que le père deviendra un époux attentionné, un partenaire fidèle ou un soutien financier permanent. Lorsqu’il n’existe aucun engagement clairement discuté entre les deux partenaires, les conséquences peuvent être particulièrement difficiles à supporter.
Mais la responsabilité ne saurait reposer uniquement sur les jeunes filles. Certains jeunes hommes entretiennent également des relations sans précaution, sans engagement et sans véritable réflexion sur les conséquences de leurs actes. Après avoir contribué à une grossesse, certains prennent leurs distances, refusent leurs responsabilités ou abandonnent la mère à son sort.
L’amour ne doit pas être confondu avec un projet de vie improvisé.
Avant de s’engager dans une relation susceptible d’entraîner une grossesse, les deux partenaires doivent pouvoir parler franchement de leurs intentions, du mariage s’ils l’envisagent, de leur situation financière, de leur capacité à élever un enfant et de leurs responsabilités respectives.
Il ne s’agit pas d’exiger que chaque relation aboutisse nécessairement au mariage avant toute grossesse. Il s’agit plutôt de promouvoir la maturité, le dialogue, le consentement et la responsabilité.
Aux jeunes filles, le message est clair : ne misez pas votre avenir sur une grossesse dans l’espoir de retenir un homme ou de garantir votre sécurité financière. Votre dignité, votre autonomie et votre avenir méritent mieux que des promesses incertaines.
Aux jeunes hommes, le message est tout aussi important : ne jouez pas avec l’avenir des jeunes filles. Une relation intime implique une responsabilité partagée. Un enfant n’est ni un accident à nier ni une charge à abandonner.
Aux parents, éducateurs et responsables communautaires, il revient également de renforcer l’éducation affective et sexuelle, le dialogue familial et l’accompagnement des jeunes.
UN ENFANT N’EST PAS UN MOYEN DE SE MARIER, ENCORE MOINS UNE STRATÉGIE POUR SORTIR DE LA PAUVRETÉ.
Il est temps que notre jeunesse comprenne qu’une grossesse engage une vie humaine et des responsabilités durables. Faire un enfant est une chose ; être prêt à l’accueillir, à l’éduquer, à le protéger et à lui offrir un environnement stable en est une autre.
La jeunesse béninoise a besoin de projets, de formation, d’autonomie et de perspectives d’avenir. Elle ne doit pas construire son destin sur des illusions sentimentales ou des engagements qui n’ont jamais été discutés.
La responsabilité avant la grossesse, le dialogue avant les décisions et l’avenir de l’enfant au-dessus des intérêts personnels.