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Agriculture béninoise

Le gboma, ce trésor vert du terroir

Le gboma, ce trésor vert du terroir

Légume-feuille traditionnel très prisé dans nos assiettes, le gboma (Solanum macrocarpon) demeure une culture à fort potentiel économique au Bénin. Malgré son importance nutritionnelle et son rôle dans les revenus des ménages ruraux, il reste encore dans l’ombre des grandes filières de rente comme le coton, le soja ou l’ananas.

Au Bénin, le gboma, appelé aussi grande morelle, est l’un des légumes-feuilles les plus consommés sur les marchés et dans les foyers. Riche en calcium et en phosphore, il entre dans la préparation de nombreuses sauces traditionnelles. Bien que très rentable pour les producteurs, il ne bénéficie pas encore de la même reconnaissance institutionnelle que les cultures de rente ou certaines spéculations maraîchères de masse comme la tomate ou l’oignon.

Une culture locale à fort potentiel

Principalement cultivé dans les communes rurales comme Djidja, le gboma constitue une source importante de revenus pour de nombreux producteurs. Il figure parmi les trois légumes-feuilles les plus produits au Bénin, aux côtés de l’amarante et du gbolo. Cependant, faute de statistiques officielles précises, sa place dans les bilans agricoles nationaux reste souvent marginalisée.

Des techniques de culture bien maîtrisées

La production du gboma repose sur des pratiques culturales éprouvées. Le sol est soigneusement préparé avant la mise en terre des plantules. Les agriculteurs utilisent fréquemment les fientes de volaille comme engrais organique et l’urée comme complément minéral pour stimuler la croissance. L’irrigation joue un rôle clé, surtout pendant les périodes de chaleur, tandis que des désherbages réguliers assurent un bon développement des plants. Certains producteurs expérimentent aujourd’hui le biochar pour améliorer la rétention d’eau et la fertilité du sol, gage d’une meilleure productivité.

Des contraintes sanitaires persistantes

Comme beaucoup d’autres cultures maraîchères, le gboma est confronté à plusieurs menaces. L’anthracnose, causée par le champignon Colletotrichum gloeosporioides, provoque des taches sur les feuilles et réduit considérablement les rendements. Les nématodes à galles (Meloidogyne spp.) et l’acarien Polyphagotarsonemus latus sont également responsables de pertes notables.

Pour y faire face, des recherches agronomiques sont menées afin de diffuser des techniques de lutte intégrée et des variétés plus résistantes.

Vers une valorisation accrue

La maîtrise des itinéraires techniques et la diffusion de fiches de bonnes pratiques permettent déjà d’améliorer les rendements dans plusieurs localités. À terme, une meilleure reconnaissance du gboma comme culture stratégique pourrait contribuer à diversifier l’économie agricole béninoise, réduire la dépendance aux cultures d’exportation et renforcer la sécurité alimentaire nationale.

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