La Cour suprême du Bénin a officiellement lancé, mardi 26 mai 2026, la 5e édition du Prix d’Excellence « Droit – Justice – Paix ». À travers cette initiative devenue une référence dans le paysage juridique national, la haute juridiction entend promouvoir la recherche scientifique, stimuler la pensée doctrinale et renforcer le rôle du droit dans la consolidation de la paix sociale et de l’État de droit.
La salle Ousmane Batoko de la Cour suprême du Bénin a accueilli, ce mardi 26 mai 2026, magistrats, universitaires, avocats, greffiers, auditeurs de justice et acteurs du monde judiciaire à l’occasion du lancement officiel de la 5e édition du Prix d’Excellence « Droit – Justice – Paix ». Une cérémonie solennelle présidée par le président de la Cour suprême, Victor Dassi Adossou, qui a réaffirmé l’engagement de l’institution en faveur de l’excellence intellectuelle et du rayonnement de la pensée juridique béninoise.
Dans son discours d’ouverture, le haut magistrat a salué la portée de cette initiative née sous l’impulsion du professeur Abraham Zinzindohoué. Selon lui, ce prix s’est progressivement imposé comme un espace majeur de réflexion doctrinale et d’encouragement à la production scientifique autour des grands défis de la justice béninoise.
Pour le président Victor Adossou, cette compétition intellectuelle vise avant tout à rapprocher davantage le monde universitaire, les juridictions et les praticiens du droit afin de nourrir une réflexion commune sur les mutations du système judiciaire national. Il a insisté sur la nécessité de promouvoir des analyses rigoureuses capables d’accompagner l’évolution du droit béninois et d’améliorer durablement le fonctionnement de la justice.
Un thème au cœur des préoccupations foncières
Pour cette 5e édition, les candidats sont invités à réfléchir sur le thème : « Le caractère suspensif du pourvoi en cassation en matière foncière : entre sécurisation du droit de propriété foncière et efficacité de la justice ».
Un sujet que le président de la Cour suprême considère comme particulièrement sensible au regard des réalités sociales et économiques du Bénin. Dans son intervention, il a rappelé que les litiges fonciers constituent aujourd’hui l’une des principales sources de contentieux devant les juridictions béninoises, avec des conséquences parfois lourdes sur la cohésion sociale et la stabilité des communautés.
« La terre n’est pas un bien ordinaire », a souligné Victor Adossou, mettant en lumière les enjeux humains, patrimoniaux et sociaux liés aux conflits domaniaux.
Le président de la haute juridiction est également revenu sur les innovations introduites par la loi n°2022-12 du 05 juillet 2022 portant règles particulières de procédure applicables devant les formations juridictionnelles de la Cour suprême. Cette réforme consacre notamment le caractère suspensif du pourvoi en cassation en matière foncière, une disposition destinée à éviter des conséquences irréversibles telles que les expulsions, démolitions ou mutations de propriété avant la décision définitive de la Cour suprême.
Toutefois, le magistrat a insisté sur la nécessité de trouver un équilibre entre la protection effective des droits fonciers, la sécurité juridique des citoyens et l’exigence de célérité dans le traitement des affaires judiciaires.
Le droit comme pilier de stabilité sociale
Au-delà de la technicité du thème, Victor Adossou a rappelé que la qualité de la justice se mesure également à sa capacité à préserver la confiance des citoyens dans les institutions et à garantir la paix sociale.
Reprenant les principes évoqués par le président de la République lors de son investiture, il a souligné que la solidité d’une démocratie repose avant tout sur l’équité des règles et la protection des droits fondamentaux.
Le président de la Cour suprême a ainsi invité magistrats, avocats, enseignants-chercheurs, doctorants, étudiants et passionnés du droit à participer massivement à cette nouvelle édition avec des contributions innovantes, audacieuses et scientifiquement solides.
Selon lui, la réflexion doctrinale demeure un levier incontournable de modernisation des institutions judiciaires et de consolidation de l’État de droit.
Les lauréats de l’édition précédente distingués
La cérémonie a également été marquée par la distinction des lauréats de la précédente édition du Prix d’Excellence « Droit – Justice – Paix ».
Les récipiendaires sont : Rodrigue Davakan, premier prix ; Astrid V. F. Deguenon, deuxième prix ; Landry Ahomadikpohou, troisième prix ; Taïbou Adam Mama, quatrième prix ; Oric Houndekon, cinquième prix.
À travers cette initiative devenue un rendez-vous majeur de la pensée juridique nationale, la Cour suprême du Bénin confirme sa volonté de faire du droit un instrument de régulation sociale, de stabilité institutionnelle et de consolidation durable de la paix.
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