Dans un contexte international marqué par la dépendance persistante de nombreux États à l’aide publique au développement, le Bénin affiche une ambition singulière : celle de s’en affranchir progressivement. À l’occasion de son message sur l’état de la Nation, le président sortant Patrice Talon a réaffirmé sa conviction que le pays dispose désormais des leviers nécessaires pour tracer seul sa trajectoire vers le développement. Pour le chef de l’État, le Bénin n’est plus dans une logique d’assistance permanente. Dix années de réformes structurelles, de modernisation de l’administration, d’investissements dans les infrastructures et de redressement de la gouvernance auraient permis de poser les bases d’une économie plus résiliente et compétitive. « Le Bénin peut se passer de l’aide au développement », a-t-il martelé, estimant que le pays est engagé sur une dynamique où les progrès sont visibles et continus.
Cette déclaration soulève une interrogation majeure : le Bénin est-il réellement en mesure de refuser, à moyen terme, l’aide extérieure souvent assortie de conditionnalités et parfois perçue comme condescendante ? Pour Patrice Talon, la réponse est affirmative, à condition de maintenir le cap des réformes, de renforcer la mobilisation des ressources internes et de promouvoir une croissance fondée sur la création de valeur locale.
Au-delà du constat, le président sortant adresse un message clair à la génération politique montante. Il lance un défi aux futurs dirigeants, et en particulier à son successeur attendu en avril 2026, de poursuivre cette vision d’un Bénin souverain dans ses choix économiques et maître de son destin. L’objectif affiché est celui d’un pays fier, autonome et respecté sur la scène internationale.
Dans cette perspective, tous les regards se tournent vers Romuald Wadagni, figure centrale de l’action gouvernementale actuelle et pressenti pour assurer la continuité. Saura-t-il transformer cette ambition en réalité durable et conduire le Bénin vers une indépendance économique effective ? L’avenir proche apportera les premières réponses à cette question stratégique pour la nation.
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