La dématérialisation, nouveau levier de crédibilité électorale
La modernisation du système électoral franchit une étape décisive au Bénin. À travers une transformation numérique ambitieuse, la Commission électorale nationale autonome (CENA) engage désormais l’ensemble de ses opérations dans un environnement entièrement dématérialisé. Formation, dépôt de candidatures, compilation des résultats ou encore paiement des agents : la technologie devient le socle d’une gouvernance électorale plus rapide, plus transparente et mieux sécurisée.
Des formations modernisées et des candidatures en ligne
La digitalisation débute dès la phase préparatoire des scrutins. Grâce à une plateforme d’apprentissage en ligne, les différents acteurs impliqués dans l’organisation des élections accèdent aux modules de formation sans contraintes géographiques ou logistiques. Cette approche permet d’harmoniser les contenus pédagogiques tout en réduisant les coûts.
Dans le même esprit, les formations politiques soumettent désormais leurs dossiers de candidature par voie électronique. Ce mécanisme accélère les vérifications administratives et garantit une traçabilité complète des documents transmis.
Parrainages et accréditations simplifiés
Le processus de parrainage bénéficie également de cette mutation numérique. Les élus habilités peuvent accomplir leurs formalités à distance, limitant les déplacements et les risques d’erreurs matérielles.
Les observateurs électoraux, qu’ils soient nationaux ou étrangers, effectuent leurs demandes d’accréditation via un portail unique. Cette centralisation réduit considérablement les délais de traitement et améliore la gestion des flux administratifs.
E-compilation et publication rapide des résultats
Le jour du scrutin, la technologie occupe une place stratégique. Des applications mobiles permettent aux agents électoraux de compiler et transmettre les données directement depuis les centres de vote.
L’outil d’e-compilation sécurise la remontée des procès-verbaux et diminue les risques liés aux manipulations manuelles.
Parallèlement, l’application e-résultat offre la possibilité de consulter les chiffres presque en temps réel, renforçant la transparence et la confiance du public.
Une expérience qui inspire la sous-région
L’expérience béninoise attire déjà l’attention au-delà des frontières nationales. Une délégation de la Direction générale des élections du Sénégal s’est récemment rendue dans le pays afin d’étudier ce dispositif innovant, preuve de l’intérêt croissant suscité par cette réforme au Sénégal et dans l’espace ouest-africain.
Paiements électroniques : plus de rapidité et de contrôle
Autre innovation majeure : la rémunération des agents électoraux. Les primes sont désormais versées par transfert électronique grâce à des fichiers sécurisés transmis aux opérateurs de téléphonie mobile. Ce système réduit les délais de paiement tout en assurant une meilleure traçabilité financière. Chaque transaction laisse une empreinte numérique vérifiable, facilitant le contrôle des dépenses publiques.
Cap sur les scrutins de 2026
À l’approche des prochaines échéances électorales, cette transition vers le tout-numérique apparaît comme un pari stratégique. En intégrant la technologie à chaque étape de son fonctionnement, l’institution électorale entend renforcer la fiabilité de ses opérations. Les consultations prévues en 2026 constitueront ainsi un test grandeur nature pour mesurer la solidité et l’efficacité de ce modèle innovant.
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