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Agriculture et culture au Bénin

L’igname, trésor national

L’igname, trésor national

Pilier économique, symbole culturel et aliment stratégique, l’igname occupe une place centrale au Bénin. Malgré les défis liés au climat, au stockage et à l’organisation des producteurs, la filière se modernise pour mieux nourrir et valoriser le pays.

Le Bénin s’impose comme l’un des grands producteurs mondiaux d’igname, occupant le quatrième rang à l’échelle internationale. Plus qu’une simple culture, ce tubercule est à la fois un pilier de l’économie agricole, un patrimoine culturel vivant et une source essentielle de sécurité alimentaire.

Les départements du nord et du centre, notamment le Borgou, les Collines et le Zou, concentrent l’essentiel de la production. L’igname, riche en nutriments et consommée par la majorité des foyers béninois, est à la fois un aliment de base et une culture de rente qui alimente les marchés urbains et assure des revenus vitaux aux producteurs.

Au-delà de son importance économique, l’igname porte une forte charge symbolique. Elle occupe une place de choix dans les rituels traditionnels, les mariages et les fêtes, marquant le lien entre générations et perpétuant des pratiques culturelles ancestrales.

Cependant, la filière doit relever plusieurs défis. Le manque de techniques efficaces de conservation et de stockage entraîne des pertes post-récolte considérables, aggravées par les variations climatiques qui perturbent les rendements. Dans certaines communes, comme Djougou, l’insuffisante organisation des producteurs limite la visibilité et la rentabilité de la filière.

Face à ces obstacles, des initiatives voient le jour. Le Programme de Développement des Plantes à Racines et Tubercules (PDRT) encourage la diffusion de variétés améliorées et de meilleures pratiques agricoles. L’État et ses partenaires multiplient les actions pour faciliter l’accès aux intrants, aux semences de qualité et aux débouchés commerciaux. La transformation de l’igname en cossettes séchées, par exemple, représente une alternative prometteuse pour prolonger la conservation et réduire les pertes.

À l’instar du maïs ou du manioc, l’igname demeure une culture stratégique pour le Bénin. Entre tradition et modernité, ce tubercule incarne à la fois l’identité, la résilience et l’avenir de l’agriculture béninoise.

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