Nichée entre Ouidah et Allada, la commune de Kpomassè est bien plus qu’un simple territoire de pêcheurs. Riche d’une histoire légendaire et d’un patrimoine culturel dense, cette terre béninoise reste un carrefour d’identités, un sanctuaire de traditions et un vivier d’espoir pour ses habitants.
Au sud-ouest du Bénin, à quelques kilomètres de Ouidah et d’Allada, s’étend Kpomassè, l’une des huit communes du département de l’Atlantique. C’est une terre où se croisent les cultures Fon et Hueda, et où la mémoire ancestrale s’entrelace avec les réalités modernes.
Une légende fondatrice pleine d’humanité
Selon la tradition orale, Kpomassè tire son nom d’une phrase pleine de tendresse et de symbolisme. Deux chasseurs, Vagbadoto et Hohounbo, vivaient à Dagbégnon, une localité voisine d’un chasseur Sahouè nommé Agbato. À la suite d’un accident tragique de chasse, Agbato dut fuir pour sauver ses enfants. Son ami Hohounbo l’accueillit en lui lançant ces mots : « La panthère qui a mis bas n’abandonne jamais ses petits ». De cette expression en langue fon, « Kpomassè » serait né. Ce nom incarne la solidarité, la protection et la fraternité, des valeurs toujours vivantes dans la commune.
Un territoire d’eau, de forêts et de traditions
Kpomassè s’étend sur 305 km² et compte neuf arrondissements : Agonkanmè, Aganmalomè, Agbanto, Dédomè, Dekanmè, Kpomassè-Centre, Sègbohoué, Sègbéya et Tokpa-Domè.
Près de 72 000 habitants y vivent, répartis autour du lac Ahémé, véritable cœur battant de la commune. Ce plan d’eau alimente la pêche, la pisciculture et le transport fluvial. La berge lagunaire s’étend sur plus de 41 kilomètres, ponctuée de sites naturels spectaculaires comme les falaises d’Agbiyèkou et celles de Couffonou.
Les habitants pratiquent encore les cultes traditionnels du Zangbéto (gardien de nuit), du Kluito (culte des revenants) et du Oro (société secrète masculine), tout en conciliant foi chrétienne et coutumes ancestrales.
Une économie tournée vers la terre et l’eau
Outre la pêche, Kpomassè vit de l’agriculture. Maïs, arachide, manioc, piment, tomate, ananas et agrumes couvrent les champs fertiles. Les femmes s’illustrent dans la transformation des produits agricoles : gari, huile de palme, huile d’arachide. La commune bénéficie aussi du maraîchage et de la pisciculture, soutenus par des programmes de développement local et le FADeC.
Terre de figures illustres
Discrète mais influente, Kpomassè a vu naître de grandes figures politiques et culturelles : Pascal Irénée Koukpaki, Grégoire Akoffodji, Éric Houndété, Octave Houdégbé, ou encore Alladé Koffi Adolphe, fondateur des Supers Anges du Bénin et pionnier de l’Ensemble Artistique National.
Des sites à découvrir
Les visiteurs peuvent explorer la forêt sacrée de Dagbohoussou, l’île de Mitogbodji, le village mythique Gogotinkpon et sa « route de l’eau », ou encore la plage de Nazoumè. À Sègbohouè se dresse aussi le foyer de repos des prêtres catholiques, symbole de paix et de recueillement.
Kpomassè aujourd’hui
Sous la houlette du maire Kénam Mensah, la commune connaît une modernisation progressive : extension du réseau électrique, projets d’assistance sociale et développement des infrastructures grâce à l’appui du gouvernement. Entre tradition et modernité, Kpomassè reste fidèle à sa devise implicite : protéger ses enfants, comme la panthère qui n’abandonne jamais sa progéniture.
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