Un grenier cotonnier entre traditions, histoire et ambitions de développement
Commune emblématique du département du Borgou, Kalalé s’impose comme l’un des principaux pôles cotonniers du Nord-Bénin. Forte d’une production annuelle dépassant les 16 000 tonnes de coton, cette vaste collectivité territoriale conjugue richesse agricole, héritage historique et défis structurels, tout en bénéficiant d’importants investissements publics ces dernières années.
Située à plus de 576 kilomètres de Cotonou, soit près de dix heures de route, la commune de Kalalé couvre une superficie de 3 586 km². Cet espace, majoritairement consacré aux activités agropastorales, favorise la cohabitation entre agriculteurs et éleveurs, pilier de l’économie locale. Frontalière du Nigeria, Kalalé est subdivisée en six arrondissements : Basso, Bouka, Dérassi, Dunkassa, Kalalé et Péonga. La diversité culturelle y est remarquable, avec la coexistence des langues peulh, boo et bariba (baatônum).
Une commune entrée dans l’histoire politique récente
Kalalé a attiré l’attention nationale à l’issue des élections communales et municipales du 17 mai 2020. Les populations ont porté à la tête de la mairie Bani Chabi Tidjani, alors âgé de seulement 28 ans, faisant de lui le plus jeune maire parmi les 77 communes du Bénin. Une élection symbole de renouveau politique et de confiance accordée à la jeunesse.
Une terre chargée d’histoire et de résistance
L’histoire de Kalalé reste indissociable de la figure emblématique de Bio Guera, né en 1856 sous le nom de Gbaasi N’Guerra. Prince wasangari de la branche Mako-Gbaasi, fils de Sabi Yérima du village Gbaasi et de mère gando originaire de Gbêkou (commune de Bembèrèkè), Bio Guera demeure l’une des grandes figures de la résistance anticoloniale au Bénin. Il fut assassiné en 1916 lors d’affrontements avec les forces coloniales, dans un contexte de protestation contre les recrutements militaires forcés de 1911 et 1912. Sa bravoure est aujourd’hui honorée par une statue érigée à Parakou.
Des défis structurels et des réponses gouvernementales
Comme de nombreuses communes rurales, Kalalé fait face à d’importants défis, notamment la dégradation du réseau routier et l’accès à l’eau potable. Conscient de ces enjeux, le gouvernement du président Patrice Talon a inscrit dans le Programme d’Actions du Gouvernement (PAG) l’aménagement et le bitumage de l’axe routier Nikki–Kalalé–Ségbana, long de 169,9 kilomètres, pour un coût estimé à près de 109 milliards de francs CFA.
En matière d’eau potable, dans le cadre de l’ambition nationale « Eau potable pour tous », les autorités ont d’abord engagé la réhabilitation des ouvrages hydrauliques existants avant de déployer l’Agence nationale d’approvisionnement en eau potable en milieu rural. Ces actions ont permis la réalisation d’un réseau de distribution de 50 kilomètres linéaires, la construction d’un château d’eau de 150 m³ et l’installation de 24 bornes-fontaines, améliorant significativement les conditions de vie des populations.
Une gouvernance communale en marche
La commune de Kalalé est administrée par un conseil communal de 15 membres, dirigé par le maire Bani Chabi Tidjani. Entre potentiel agricole, mémoire historique et projets structurants, Kalalé confirme son statut de bastion cotonnier du Borgou et affiche des ambitions claires pour un développement durable et inclusif.
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