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Personnalités politiques au Bénin

Joseph Gnonlonfoun, le magistrat discret qui a marqué l’histoire

Joseph Gnonlonfoun, le magistrat discret qui a marqué l’histoire

Depuis son départ du Médiateur de la République en 2021, Joseph Gnonlonfoun s’est fait rare dans l’espace public. Mais derrière ce silence se cache un parcours exceptionnel, jalonné de responsabilités majeures au service de la justice, de la diplomatie et de la politique béninoise.

On l’aperçoit rarement depuis son remplacement par Pascal Essou, le 12 mai 2021, à la tête de la Médiature de la République. Pourtant, Joseph Gnonlonfoun demeure une figure marquante de la vie politique et institutionnelle du Bénin. Magistrat de formation, il a longtemps incarné rigueur et loyauté dans les plus hautes sphères de l’État.

Un parcours forgé très tôt

Né en 1943 à Porto-Novo, Joseph Gnonlonfoun perd sa mère alors qu’il est encore enfant. Élevé par un oncle, il suit un cursus qui le mène d’abord au séminaire avant d’obtenir son baccalauréat en 1962 à Ouidah. Destiné un temps à la prêtrise, c’est finalement vers la magistrature qu’il se tourne, après des études de droit à Dakar puis une spécialisation au Centre national d’études judiciaires de Bordeaux.

De retour au Dahomey, il entre officiellement dans le corps de la magistrature en 1968. Deux ans plus tard, il devient juge au tribunal de première instance de Cotonou, avant de gravir les échelons jusqu’à la Cour d’appel.

De la magistrature à la diplomatie

Très vite, ses compétences le conduisent à occuper des fonctions au sein de divers ministères. Il est successivement détaché à la Fonction publique, à l’Information et au Tourisme, puis au ministère des Affaires étrangères où il dirige le département Europe occidentale et Amérique du Nord.

En 1978, il représente le Bénin à la Commission des droits de l’homme de l’ONU. Cette carrière internationale se double d’un rôle national important : directeur de la législation et de la codification au ministère de la Justice populaire, ou encore administrateur au sein de la compagnie nationale Air Bénin.

Une figure politique de premier plan

L’année 1991 marque son entrée en politique. Élu député, il se consacre pendant quatre ans à l’Assemblée nationale. Plus tard, sous la présidence de Mathieu Kérékou, il devient Garde des Sceaux et Ministre de la Justice, poste qu’il occupe à plusieurs reprises entre 1998 et 2003.

Son expérience est encore sollicitée par d’autres gouvernements. En 2011, nommé président de la CENA par Boni Yayi, il se retrouve au cœur des débats électoraux. Deux ans plus tard, il succède à Albert Tévoédjrè comme Média teur de la République, fonction qu’il occupe jusqu’en 2021.

Un homme décoré et respecté

Tout au long de sa carrière, Joseph Gnonlonfoun a été distingué à plusieurs reprises : commandeur, grand officier puis grand-croix de l’Ordre national du Bénin. Ces distinctions consacrent l’apport considérable d’un homme qui a œuvré aussi bien dans l’ombre des institutions que sur la scène politique.

Et aujourd’hui ?

Depuis son retrait de la Médiature, l’homme de 82 ans s’est mis en retrait de la vie publique. Son parcours demeure toutefois une référence pour plusieurs générations de magistrats et d’hommes politiques béninois. Sa discrétion actuelle ne fait que renforcer l’aura d’un serviteur de l’État dont le nom reste associé aux grandes heures institutionnelles du Bénin.

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