CONFÉRENCE DES PRÉFETS DU BÉNIN À POBÈ
JANVIER YAHOUÉDÉOU MISE SUR UNE DÉCENTRALISATION PLUS EFFICACE ET UN DÉVELOPPEMENT ANCRÉ DANS LES TERRITOIRES
Administration territoriale, financement des communes, sécurité frontalière et modernisation des services publics ont marqué l’ouverture de la Conférence des préfets, le jeudi 29 octobre 2026, à Pobè. Le ministre de la Décentralisation et de la Gouvernance locale, Janvier YAHOUÉDÉOU, a appelé les préfets à renforcer leur accompagnement des communes, tandis que le préfet du Plateau, Delonix Djimeco KOGBLEVI, a mis l’accent sur les défis sécuritaires de son département.
La Cité administrative départementale de Pobè a servi de cadre, ce jeudi 29 octobre 2026, à l’ouverture officielle de la Conférence des préfets du Bénin au titre de l’année 2026. Cette rencontre, qui réunit les autorités préfectorales, les membres du gouvernement, les responsables des administrations centrales et déconcentrées ainsi que les acteurs de la gouvernance locale, constitue un rendez-vous majeur pour évaluer le fonctionnement de l’administration territoriale et définir les orientations nécessaires à son amélioration.
À travers son discours d’ouverture, le ministre de la Décentralisation et de la Gouvernance locale, Janvier YAHOUÉDÉOU, a fixé le cap : faire de la décentralisation un véritable instrument de développement, renforcer l’efficacité des administrations départementales et améliorer la qualité des services rendus aux populations. Les interventions du préfet du Plateau, Delonix Djimeco KOGBLEVI, et du maire de Pobè ont, pour leur part, mis en lumière les réalités locales, les impératifs de sécurité et l’importance d’une coopération renforcée entre l’État et les collectivités territoriales.
Janvier YAHOUÉDÉOU fixe les priorités de l’administration territoriale
Pour le ministre Janvier YAHOUÉDÉOU, la Conférence des préfets ne doit pas se limiter à un exercice de bilan. Elle doit également permettre d’identifier, sans complaisance, les difficultés qui freinent le fonctionnement des administrations départementales et de dégager des solutions concrètes.
L’année 2026 étant marquée par l’installation des nouveaux conseils communaux et la nomination des préfets de département, le ministre a rappelé l’importance des responsabilités confiées aux représentants de l’État. Ceux-ci doivent veiller au bon fonctionnement des services déconcentrés, au maintien de l’ordre public et à la protection civile. Ils sont également appelés à assurer le contrôle de légalité des actes des communes, à apporter une assistance-conseil permanente aux exécutifs locaux et à garantir la cohérence entre les politiques nationales et les initiatives communales.
Dans cette perspective, Janvier YAHOUÉDÉOU a insisté sur la tenue régulière des sessions du Conseil départemental de concertation et de coordination (CDCC) et de la Conférence administrative départementale (CAD). Ces cadres de concertation doivent favoriser une meilleure coordination des interventions publiques et contribuer à résoudre les difficultés rencontrées sur le terrain.
Le Fonds d’investissement communal au cœur des nouvelles exigences
L’un des dossiers majeurs abordés par le ministre concerne la création du Fonds d’investissement communal (FIC), destiné à renforcer les capacités d’investissement des communes, à améliorer la gouvernance des transferts financiers et à moderniser la gestion des ressources consacrées au développement local.
Cette évolution appelle une préparation rigoureuse des administrations communales. Pour Janvier YAHOUÉDÉOU, les préfets devront intensifier leur mission d’assistance-conseil afin de permettre aux communes de disposer des compétences techniques et humaines nécessaires à la conception et à l’exécution de leurs projets.
La maîtrise des procédures de financement, le respect des délais de décaissement, la transparence dans l’utilisation des ressources et le suivi-évaluation des investissements figurent également parmi les exigences mises en avant.
L’enjeu est de faire en sorte que les financements mobilisés se traduisent par des réalisations concrètes, répondant aux besoins des populations et contribuant effectivement à l’amélioration de leurs conditions de vie.
Six pôles de développement pour valoriser les potentialités des territoires
La stratégie de développement territorial a également occupé une place importante dans le discours ministériel. Le gouvernement entend promouvoir une approche fondée sur les potentialités économiques propres aux différents territoires, à travers six pôles de développement identifiés.
Cette orientation vise à rapprocher davantage l’action publique des réalités locales, à favoriser une répartition plus cohérente des investissements et à stimuler la création de richesses et d’emplois.
Le ministre a ainsi exhorté les préfets à travailler en étroite collaboration avec les délégués régionaux pour accélérer la mise en œuvre de cette stratégie. L’objectif affiché est de faire des territoires des moteurs de croissance et de contribuer à la réduction de l’extrême pauvreté.
Cette ambition suppose une administration territoriale mieux coordonnée, capable d’identifier les besoins, de mobiliser les acteurs locaux et de suivre les résultats des politiques publiques.
La modernisation des services publics, une exigence de proximité
La Cité administrative départementale de Pobè, qui accueille les travaux, illustre la volonté de rapprocher les services de l’État des citoyens. Pour le ministre, la modernisation des infrastructures administratives doit nécessairement s’accompagner d’une amélioration des pratiques et des prestations.
Les retards injustifiés dans le traitement des dossiers, le non-respect des délais et le mauvais entretien des bâtiments publics constituent autant de dysfonctionnements auxquels les responsables administratifs doivent remédier.
Janvier YAHOUÉDÉOU a donc appelé les préfets à veiller à la discipline administrative, à la qualité de l’accueil et des prestations, ainsi qu’à la préservation du patrimoine public. La performance de l’administration territoriale devra désormais se mesurer davantage à l’efficacité des services et à la satisfaction des usagers.
Les travaux prévoient également l’examen de plusieurs dossiers, notamment les réformes relatives à l’Agence nationale d’identification des personnes (ANIP), les projets numériques de la feuille de route 2026-2028 du ministère, la Plateforme de développement local, les réformes de la chefferie traditionnelle, la réglementation des nuisances sonores et les évolutions du cadre régissant les associations au Bénin.
Delonix Djimeco KOGBLEVI met en lumière les défis sécuritaires du Plateau
Prenant la parole en sa qualité de préfet du département hôte, Delonix Djimeco KOGBLEVI a souhaité la bienvenue aux délégations gouvernementales et aux préfets venus des différents départements du pays. Il a salué le choix porté sur le Plateau pour accueillir cette rencontre nationale et mis en avant les atouts économiques, culturels et géographiques de son territoire.
Le département, qui compte les communes de Pobè, Sakété, Ifangni, Kétou et Adja-Ouèrè, se distingue notamment par ses activités agricoles, son artisanat, son patrimoine culturel associé au Guèlèdè et sa proximité avec le Nigeria.
Au-delà de ces potentialités, le préfet a insisté sur les enjeux sécuritaires auxquels le Plateau reste confronté en raison de sa position frontalière. Il a notamment évoqué la nécessité de renforcer les effectifs et les équipements d’intervention des forces de défense et de sécurité face aux menaces criminelles et aux risques liés au terrorisme.
Il a salué les efforts du gouvernement en matière de coopération transfrontalière avec le Nigeria, estimant que cette dynamique doit contribuer à consolider la sécurité des populations.
Prévenir les conflits et préserver la cohésion sociale
Sur le plan de l’ordre public, Delonix Djimeco KOGBLEVI s’est félicité du déroulement pacifique des récentes festivités liées aux cultes ORO et OLOGOU ODOGBO. Il a attribué ce résultat aux mesures concertées entre la Police républicaine, les maires et les dignitaires.
Cette expérience, selon lui, illustre l’importance du dialogue entre les autorités administratives, les élus locaux, les responsables traditionnels et les communautés dans la prévention des tensions.
Le préfet a également évoqué la préparation de la campagne de transhumance de fin d’année. Dans un département où coexistent activités agricoles et élevage, l’anticipation des risques de conflits entre agriculteurs et éleveurs demeure une priorité.
Par ailleurs, la préfecture entend accompagner les acteurs concernés dans le processus de désignation des nouveaux chefs de village et de quartier de ville, conformément au cadre juridique et électoral en vigueur.
À travers ces différents chantiers, le préfet du Plateau entend consolider la paix sociale, renforcer la coopération entre les acteurs locaux et créer un environnement plus favorable au développement.
Pobè réaffirme son engagement pour la décentralisation
Au nom du conseil communal et des populations, le maire de Pobè a exprimé sa satisfaction d’accueillir cette conférence nationale. Il a présenté la commune comme une terre d’hospitalité, de traditions et de fraternité, tout en soulignant l’importance de cette rencontre pour la réflexion collective sur l’administration territoriale et le développement des collectivités.
L’autorité communale a particulièrement insisté sur la nécessité d’une collaboration étroite entre les autorités de tutelle, les responsables communaux, les administrations centrales, les partenaires techniques et financiers ainsi que les leaders d’opinion.
Dans un contexte marqué par des défis sécuritaires et sanitaires croissants, le maire estime que les collectivités territoriales doivent jouer pleinement leur rôle au service des populations. Le respect des textes en vigueur, la concertation permanente et la recherche de solutions adaptées aux préoccupations locales constituent, selon lui, des conditions essentielles d’une gouvernance efficace.
La commune de Pobè et les autres communes du Plateau se disent ainsi disposées à accompagner les initiatives destinées à renforcer la décentralisation et à promouvoir le développement local.
Le maire a également souhaité que le séjour des délégations soit l’occasion de découvrir le patrimoine culturel, le dynamisme des populations et les potentialités économiques du département.
Une responsabilité collective pour des résultats concrets
Les interventions prononcées à l’ouverture de la Conférence des préfets 2026 convergent vers une même exigence : améliorer le fonctionnement de l’administration territoriale afin que les réformes engagées produisent des effets tangibles sur le quotidien des citoyens.
Entre le renforcement de l’assistance-conseil aux communes, la mise en œuvre du Fonds d’investissement communal, le développement fondé sur les territoires, la modernisation des services publics et la prévention des risques sécuritaires, les défis sont nombreux.
À Pobè, Janvier YAHOUÉDÉOU a appelé les préfets à faire preuve de rigueur et d’engagement dans l’exercice de leurs missions. Delonix Djimeco KOGBLEVI a, de son côté, rappelé que la sécurité et la cohésion sociale demeurent des conditions indispensables au développement du Plateau. Quant au maire de Pobè, il a réaffirmé la disponibilité des collectivités locales à participer à cette dynamique nationale.
Les conclusions de cette conférence sont donc attendues comme des orientations utiles au renforcement de la gouvernance territoriale et à la consolidation d’une décentralisation davantage tournée vers les résultats, la proximité et le bien-être des populations béninoises.
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