Chaque début d’année, un même mal refait surface dans de nombreux foyers d’Afrique de l’Ouest : la janviose. Derrière ce terme populaire se cache une réalité bien connue — celle d’un mois de janvier financièrement éprouvant, marqué par la disette, les restrictions et un moral en berne après les excès des fêtes de fin d’année.
Décembre, mois de réjouissances et de générosité, laisse souvent des traces profondes dans les budgets familiaux. Cadeaux, repas copieux, cérémonies, sorties, déplacements… Tout est prétexte à dépenser, parfois au-delà de ses moyens. Lorsque les lampions s’éteignent et que la nouvelle année s’installe, les ménages se retrouvent face à une réalité brutale : des caisses presque vides et des charges qui, elles, ne prennent pas de vacances.
Un phénomène récurrent et socialement ancré
La janviose n’est ni un accident ni une surprise. Elle est devenue un phénomène cyclique, presque institutionnalisé. Elle résulte à la fois d’un déséquilibre budgétaire, d’une pression sociale forte et d’un effet psychologique lié à l’euphorie des fêtes. En janvier, les sorties se font rares, les menus se simplifient, les achats sont reportés et l’on compte fébrilement les jours avant la fin du mois.
Cette période est aussi synonyme de stress financier. Joindre les deux bouts devient un exercice périlleux, et les petits plaisirs du quotidien passent au second plan. Pour certains, l’endettement contracté en décembre vient alourdir davantage une situation déjà fragile.
Des marchés au ralenti, des commerçants inquiets
Dans les marchés, le constat est sans appel. Les étals sont bien garnis, mais les clients se font rares. Les commerçantes, assises derrière leurs marchandises, attendent désespérément l’acheteur providentiel. Les appels se multiplient, les gestes se font plus expressifs, mais l’argent manque dans les poches des passants.
« Le temps est dur », confient-elles, résignées. Rien ne laisse encore présager un véritable redémarrage de l’activité. Tous espèrent que la fin du mois apportera un léger soulagement, à moins que le poids des dettes accumulées ne vienne étouffer les maigres ressources attendues.
Comment sortir du piège de la janviose ?
Face à ce mal récurrent, des solutions existent. La prévention reste la meilleure arme.
Planifier un budget annuel, anticiper les dépenses de fin d’année, privilégier la sobriété dans les célébrations et résister à la pression de la surconsommation sont autant de pistes à explorer.
Adopter des cadeaux symboliques, des repas simples mais conviviaux, et surtout apprendre à ne pas dépenser l’intégralité de ses revenus en décembre peut faire toute la différence. Il s’agit aussi de changer de regard sur les normes sociales qui poussent à dépenser pour paraître, souvent au détriment de sa stabilité financière.
Reprendre le contrôle
La janviose n’est pas une fatalité. Elle est le symptôme d’une gestion financière perfectible et d’habitudes à repenser. En cultivant une discipline budgétaire et un esprit plus minimaliste, il est possible d’aborder le mois de janvier avec plus de sérénité.
Changer de mentalité, c’est déjà commencer à guérir.
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