C'est dans une ambiance solennelle que le Bénin a donné le coup d'envoi, vendredi 24 avril 2026, d'une vaste campagne de vaccination contre la poliomyélite. La cérémonie de lancement s'est tenue au stade de sports de Sakété, devant un parterre d'autorités venues de différents horizons — responsables politiques, acteurs du secteur sanitaire et représentants des organisations internationales.
Dans le viseur de cette opération : les enfants de 0 à 5 ans résidant dans six départements du pays, soit l'Alibori, l'Atacora, le Borgou, la Donga, les Collines et le Plateau. En tout, ce sont plus de 2,5 millions d'enfants qui sont concernés par ce premier tour de vaccination, prévu du 24 au 27 avril 2026.
Un contexte qui pousse à l'action
Pourquoi cette urgence ? Parce que le poliovirus n'a pas dit son dernier mot au Bénin. Ousmane Niang, représentant de l'UNICEF dans le pays, l'a dit clairement : depuis 2022, des cas continuent d'être détectés de façon régulière, plaçant le Bénin parmi les pays africains où la circulation du virus reste préoccupante. Selon lui, les enfants mal ou pas du tout vaccinés constituent autant de portes ouvertes pour la propagation du virus. Il a donc appelé à une mobilisation large — communautés, leaders locaux, parents — pour que la campagne atteigne ses objectifs.
Il a également rappelé que la vaccination de routine, bien menée et régulière, reste le meilleur rempart contre ce type de maladies sur le long terme.
Plus concrète encore, la situation récente a fourni la preuve que la vigilance s'imposait : trois cas environnementaux de poliovirus ont été récemment identifiés au Bénin, ce qui a conduit les autorités à organiser cette campagne en deux phases, dans le respect des préconisations de l'OMS.
L'objectif : ne laisser aucun enfant de côté
Le ministre de la Santé, le Pr Benjamin Hounkpatin, a tenu à rappeler la réalité de cette maladie souvent méconnue des jeunes générations : la polio peut paralyser un enfant pour la vie, voire le tuer. Ce rappel n'est pas anodin dans un pays qui a pourtant accompli de réels progrès en matière de santé publique.
Pour stopper net la circulation du virus, les autorités visent une couverture vaccinale d'au moins 95 % — seuil en dessous duquel le virus trouve encore suffisamment de terrain pour se propager. Pour y parvenir, trois conditions sont jugées indispensables : que tous les acteurs jouent leur rôle, que les parents coopèrent, et que les équipes de vaccination fassent leur travail avec sérieux. Ces agents iront directement dans les ménages, porte-à-porte, pour s'assurer qu'aucun enfant éligible ne soit oublié.
Le ministre a conclu son intervention par un message direct aux familles : « Faites vacciner vos enfants et ouvrez vos portes aux équipes de vaccination. La santé de demain se construit aujourd'hui. »
Un effort collectif et soutenu
La cérémonie a également été l'occasion de saluer ceux qui rendent possible ce type d'opération à grande échelle. L'OMS, l'UNICEF, GAVI et plusieurs organisations de la société civile ont été remerciés pour leur soutien continu au système de santé béninois. Le préfet du Plateau et le maire de Sakété étaient également présents, témoignant de l'ancrage local de cette mobilisation nationale.
À travers cette campagne, le Bénin envoie un signal fort : l'éradication de la polio est un objectif non négociable. Et le message adressé aux populations résume à lui seul l'esprit de cette initiative — « Vaccinons nos enfants pour les protéger contre la poliomyélite. »
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