NOUVEAU CODE DE LA ROUTE
DJOGBÉNOU PASSE À L’OFFENSIVE CONTRE L’INSÉCURITÉ ROUTIÈRE
À Grand-Popo, les députés de la 10ᵉ législature se familiarisent avec les innovations d’un projet de loi qui entend renforcer la prévention, responsabiliser les usagers et durcir les sanctions contre les comportements dangereux.
La lutte contre l’insécurité routière s’invite au cœur de l’agenda parlementaire. Sous l’impulsion du président de l’Assemblée nationale, Joseph Fifamin Djogbénou, députés, membres du gouvernement et experts du Centre national de sécurité routière (CNSR) se sont réunis, le mardi 20 octobre 2026, au Millenium Popo Beach Hôtel de Grand-Popo, pour un séminaire consacré au projet de loi portant nouveau Code de la route.
Un cadre juridique à actualiser
Près de 3 200 décès par an sont attribués aux accidents de la circulation au Bénin, selon les chiffres avancés à l’occasion de cette rencontre. Face à ce bilan préoccupant, la révision du cadre légal apparaît comme une nécessité. La réglementation actuelle repose notamment sur l’arrêté général n° 61-38 du 24 juillet 1956, devenu inadapté à l’évolution du trafic et aux exigences contemporaines de sécurité.
Pour Orden Alladatin, président de la Commission des Lois, cette réforme répond à un impératif de protection des citoyens et de mise en cohérence de la législation nationale avec les engagements internationaux du Bénin en matière de sécurité routière.
Alcool, stupéfiants et excès de vitesse dans le viseur
Présentant les grandes orientations du texte, le ministre du Cadre de vie et des Transports, chargé du Développement durable, Georges Alé, a exposé plusieurs mesures destinées à mieux encadrer les comportements sur les routes.
Le projet prévoit notamment la fixation d’un seuil légal d’alcoolémie, une répression renforcée de la conduite sous l’emprise de stupéfiants et des grands excès de vitesse, ainsi que le respect accru des obligations relatives au casque, à la ceinture de sécurité et aux dispositifs de retenue pour enfants.
L’éducation routière en milieu scolaire, le durcissement des sanctions contre les délits de fuite et le refus d’obtempérer figurent également parmi les principales innovations annoncées.
Djogbénou mise sur une législation plus efficace
Pour le président de l’Assemblée nationale, cette réforme s’inscrit dans une dynamique de modernisation du droit béninois et de décolonisation législative. Il s’agit notamment d’adapter les règles de circulation aux réalités du pays et d’accompagner les investissements dans les infrastructures par des dispositions juridiques plus appropriées.
Avec les contributions du directeur général du CNSR, Ariel Sacramento, et du spécialiste de la régulation des comportements, Koovi Yêtin, les parlementaires ont approfondi les enjeux techniques du projet, les mécanismes de contrôle et le dispositif de sanctions envisagé.
Cette étape préparatoire doit faciliter l’examen du texte en commission, avant son passage en séance plénière. Au-delà du travail législatif, l’ambition est claire : faire de la sécurité routière une responsabilité collective et renforcer la protection des vies humaines.
La réforme annoncée devra désormais franchir les différentes étapes de la procédure parlementaire avant de pouvoir produire ses effets.