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GOUVERNANCE LOCALE ET GESTION DU PATRIMOINE PUBLIC : DEUX POIDS, DEUX MESURES ?

GOUVERNANCE LOCALE ET GESTION DU PATRIMOINE PUBLIC : DEUX POIDS, DEUX MESURES ?

Au moment où les réformes de la décentralisation sont censées renforcer l’équité et la transparence dans la gestion publique, une polémique enfle autour de la gestion des véhicules administratifs des communes. Entre anciens maires autorisés à conserver leurs moyens roulants et adjoints ou chefs d’arrondissement sommés de restituer les leurs, la politique appliquée au sein du Ministère de la Décentralisation et de la Gouvernance Locale suscite interrogations et incompréhensions.

Une gestion différenciée qui interroge

Dans plusieurs communes du Bénin, la question de la restitution des véhicules administratifs attribués aux autorités locales sortantes alimente désormais les débats politiques et administratifs. Alors que certains anciens maires continueraient de disposer des véhicules de fonction mis à leur service durant leur mandat, des instructions auraient été adressées à des adjoints au maire et chefs d’arrondissement pour un retrait immédiat de leurs moyens roulants.

Cette différence de traitement, dénoncée par plusieurs acteurs locaux, nourrit un sentiment d’injustice au sein des administrations communales. Pour certains observateurs, la logique administrative devrait pourtant reposer sur des règles uniformes applicables à tous les responsables, indépendamment du rang occupé ou des affinités politiques supposées.

Des élus locaux entre incompréhension et frustration

Dans les communes concernées, plusieurs adjoints et chefs d’arrondissement évoquent une décision difficile à comprendre, d’autant plus que les véhicules constituent souvent des outils essentiels pour assurer le suivi des projets de proximité, les visites de terrain et la coordination avec les populations.

Certains élus estiment que cette situation pourrait fragiliser la continuité du service public local, notamment dans les zones rurales où les déplacements restent complexes sans moyens logistiques adaptés.

La question de l’équité administrative

Au-delà de la polémique, c’est la cohérence de la politique publique qui est interrogée. Des analystes rappellent que la réforme de la gouvernance locale engagée ces dernières années repose sur des principes de transparence, de rationalisation des ressources publiques et d’égalité de traitement.

Si la récupération du patrimoine de l’État après les mandats électifs apparaît comme une démarche normale dans une logique de bonne gestion, plusieurs voix demandent cependant que les mêmes critères soient appliqués à toutes les catégories d’anciens responsables communaux.

Vers une clarification attendue

Face aux interrogations croissantes, certains acteurs politiques et organisations de la société civile appellent désormais à une clarification officielle des procédures en vigueur. Une communication transparente de l’autorité de tutelle pourrait, selon eux, apaiser les tensions et éviter que la question des moyens roulants ne devienne un nouveau foyer de crispation dans le processus de décentralisation.

Dans un contexte où la confiance entre citoyens et institutions demeure un enjeu majeur, la perception d’une gestion à « deux vitesses » pourrait peser sur la crédibilité des réformes engagées si aucune réponse claire n’est apportée.

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