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Présidentielles 2026 au Bénin

Deux candidatures indépendantes qui intriguent

Deux candidatures indépendantes qui intriguent

Deux duos indépendants ont surpris l’opinion publique en déposant leurs dossiers à la CENA, malgré les exigences strictes du Code électoral béninois.

Lundi 13 octobre 2025, le duo de la majorité présidentielle ouvrait officiellement le bal du dépôt des candidatures à la Commission électorale nationale autonome (CENA). Le lendemain, à la veille du délai de clôture fixé à minuit, deux autres candidatures inattendues sont venues grossir la liste : celles de Prince Anatole Ouinsavi et Bello Agathe, ainsi que de Élisabeth Agbossaga et Boni Neto Gansaré. Une démarche qui a aussitôt suscité curiosité et interrogations au regard du cadre légal en vigueur depuis 2019.

Une loi électorale sans concession

Depuis la réforme du Code électoral, l’accès à la candidature à la magistrature suprême est strictement encadré. L’article relatif au parrainage impose à chaque duo présidentiel de recueillir au moins vingt-huit signatures d’élus (députés ou maires), répartis sur un minimum de quinze circonscriptions législatives. Ces parrainages doivent, en outre, être enregistrés sur des formulaires officiels délivrés par la CENA.

À cela s’ajoute la loi n°2024-13 du 15 mars 2024, qui ramène la caution financière à 25 millions de francs CFA – au lieu de 50 millions précédemment – à verser à la Caisse des dépôts et consignations avant tout dépôt de dossier.

Un pari presque impossible

Ni soutenus par la mouvance présidentielle (UP-R, BR), ni issus de l’opposition organisée (Les Démocrates, FCBE), ces deux duos indépendants semblent dépourvus des soutiens institutionnels nécessaires pour réunir les parrainages requis.

D’où une question qui taraude les observateurs : sur quelle stratégie politique misent-ils pour espérer être validés le 30 octobre prochain, date de publication de la liste officielle des candidatures retenues ?

Un coup médiatique assumé ?

Pour plusieurs analystes, cette démarche pourrait relever davantage d’un coup de projecteur médiatique que d’une réelle ambition électorale.

Les caméras, les flashs et les journalistes ont en effet immortalisé leur passage à la CENA, dans une ambiance aussi animée qu’improvisée. Un bain de lumière éphémère, selon certains, pour des candidats qui savent pertinemment que leurs dossiers risquent d’être recalés pour non-conformité.

Un maigre réconfort financier

Si leurs dossiers sont rejetés, les intéressés pourront néanmoins se consoler : la caution de 25 millions de francs CFA versée à la Caisse des dépôts leur sera intégralement restituée. Un maigre soulagement pour ceux qui, pendant un instant, auront fait trembler la scène politique par leur audace.

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